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mardi 10 mai 2011

Faille, d'Albert Bensoussan


Jewpop remercie l'écrivain Cathie Fidler, auteur du recueil de nouvelles "Histoires floues" (Edilivre) dont nous nous sommes fait l'écho, de nous faire partager cette très belle chronique, publiée sur son blog "Gratitude".  


Ce livre d’une soixantaine de pages prouve que le poids des feuillets n’est rien comparé à la charge du séisme émotionnel qu’il provoque chez le lecteur, et en l’occurrence, la lectrice. Il y est question, très simplement résumé, de l’accompagnement par un homme, jour après jour, de sa femme atteinte d’une maladie dégénérative incurable. Le sujet a de quoi faire fuir, me direz-vous. Être confronté à la souffrance d’autrui, personne n’a envie de cela, quand le quotidien ordinaire est déjà si difficile à affronter pour ceux qui sont en bonne santé ! 

Et pourtant, c’est là qu’intervient la vraie littérature. Cet art qui transforme l’horreur en beauté, le sordide en tragédie ; qui fait d’une expérience individuelle quelque chose de l’ordre de l’universel, qui résonnera pour chacun et chacune d’entre nous de manière très personnelle, voire intime. Albert Bensoussan est un génie des mots, et du cheminement de la pensée. Il est fascinant, autant qu’émouvant, d’en suivre la piste à travers le temps et l’espace. Son récit - qui donne tout son sens au terme d’autofiction - nous entraîne en une succession d’échos, d’une fin de vie à une mort, mais aussi, d’une vie à une autre, sur les traces de l’amour. 

Dans ce petit livre, il dit tout : Le chagrin de la perte, les prémices de la passion, son déroulement, et la jalousie qu’elle suscite ; la joie d’observer le ventre d’une jeune femme enceinte, le souvenir heureux des moments de soleil, et de musique ; la force de la tradition hébraïque, et sa place dans la vie d’un homme ; l’exil, l’enracinement ; la déchéance. Sol y sombra. Tout y est, dans un désordre parfait. Sur fond de « maison de vie dernière » (pour ne pas parler de dernière demeure) et de soins quasi-palliatifs, de détails poignants de réalisme, et de larmes bues, Albert Bensoussan nous parle de ce qui nous touche tous, sans jamais tirer sur les ficelles du pathos. C’est douloureux, comme peut l’être le souvenir d’un bonheur évanoui, mais si puissant !

Et puis, il y a cette note (involontairement ?) rassurante pour nous autres femmes : Celle qu’il aime, et à qui jusqu’au bout, il prouvera son amour, l’a trompé. Mais pas comme vous le comprenez. C’est sur son âge que Maria Elena lui a menti, et elle ne l’avouera que très tardivement ! Pendant des années, le héros a passionnément aimé une femme bien plus âgée que lui. Quel réconfort pour toutes les femmes que le monde contemporain assassine une fois la trentaine passée, de se voir assurer que l’esprit et la séduction n’ont pas d’âge ! (Même si, je l’avoue, je n’en doutais pas vraiment en regardant autour de moi !) Et aussi, on est renversée : Est-il vrai qu’un homme peut aimer à ce point ? Ne pas s’échapper dès la première fuite, ne pas se dérober quand l’esprit et la mémoire flanchent, ne pas renoncer quand la chair faiblit ? Au point d’accomplir les tâches les plus humbles, soulager, nettoyer…. ? C’est ici rendu aussi beau et digne que convaincant. 

Ultime délicatesse : dans son récit, Albert Bensoussan insère des paragraphes entiers d’un texte écrit, il y a bien longtemps, par sa propre épouse, Matilda et qu’il a fait publier en même temps que FAILLE. Ce livre s’appelle LA CÉSURE. Il raconte le moment où le destin d’une femme a basculé d’une mort virtuelle vers la vie réelle grâce à des circonstances en apparence létales. Le passage soudain du statut d’épouse ligotée à celui de femme libre y est photographié, avec une étonnante alternance de distances focales, et rendu dans un noir et blanc tout en nuances. Les textes s’entremêlent dans FAILLE comme les jambes de deux amants, en un ballet étrange et lancinant. Le héros de FAILLE a été pour l’héroïne « le cadeau de sa quarantaine » ; et elle, on l’a compris, le cadeau d’une vie. Pour les lecteurs d’Albert Bensoussan, ce livre est un cadeau, tout court. 

Cathie Fidler 


Albert Bensoussan a publié en 2010 « BELLES ET BEAUX » aux Éditions Al Manar, ainsi qu’une biographie de Federico Garcia Lorca, chez Gallimard - et bien d’autres ouvrages avant cela. Il est également, en collaboration avec Anne-Marie Casès, le traducteur de Mario Vargas Llosa (Prix Nobel de Littérature 2010).
FAILLE, d’Albert Bensoussan, ed. APOGÉE
LA CÉSURE de Matilda Tubau-Bensoussan, ed. APOGÉE


vendredi 25 février 2011

"Jack Rosenblum rêve en anglais", un parcours (de golf) semé d'embûches


Jack et Sadie Rosenblum quittent Berlin en 1937 avec leur fille Elizabeth, juste avant le désastre annoncé, pour rejoindre Londres. J.R., qui n'a rien du héros de la saga "Dallas", est un petit homme empli d'espoir, de volonté et d'énergie, soucieux de parfaire son intégration au point de rédiger un guide des us et coutumes britanniques. Il ne lui manque, après quelques années de bons et loyaux services envers sa patrie d'accueil, qu'une carte à son jeu pour parfaire sa mue en citoyen anglais complètement intégré. Cette carte, c'est celle de membre d'un club de golf, sésame pour entrer définitivement dans la caste des british gentlemen.

S'inspirant bien malgré lui du célèbre mot de Groucho Marx, "Jamais je ne voudrais faire partie d'un club qui accepterait de m'avoir comme membre", Jack Rosenblum se heurte aux refus polis mais fermes (et foncièrement antisémites) de tous les clubs de Londres et ses alentours. Pour se résoudre, finalement, à construire de ses mains son propre parcours au coeur de la verte campagne du Dorsetshire. L'entreprise, digne de celle d'un Don Quichotte ashkénaze, va rapidement tourner au conte épique !


"Jack Rosenblum rêve en anglais", de Natasha Salomons (Calmann-Levy), est l'un des plus beaux succès littéraires de l'année 2010 en Grande-Bretagne. Un succès amplement mérité pour ce roman joyeux et tendre, au style éblouissant, première oeuvre d'une jeune écrivain qui s'est inspirée de la vie de ses grands-parents pour narrer cette confrontation burlesque et sensible entre deux mondes qui se découvrent avec stupeur. "Mr Rosenblum List", titre de la version anglaise du livre, c'est un peu "Bienvenue chez les Ch'tis" mâtiné de "Mr Smith au Sénat". La lutte d'un coeur pur et un peu fou façon James Stewart, au milieu d'un essaim de personnages tous aussi excentriques et hilarants que touchants et pleins d'humanité, avec son lot inévitable de vils individus.


Ce livre foisonnant est aussi une formidable histoire d'amour entre un Jack "Rose-in-Bloom" obsédé par son rêve d'intégration dans ce nouveau monde si conservateur, et son épouse Sadie, perdue dans la tristesse des souvenirs de sa famille disparue dans les camps, et irrémédiablement reliée à son passé. En refermant ce roman si attachant et haletant jusqu'au dernier... trou, on se dit qu'il ferait assurément un superbe film. John Ford aurait adoré l'optimisme et la truculence de ses personnages, Lubitsch le sens de la comédie de son auteur, et Lelouch une si merveilleuse histoire de couple. A mettre directement dans votre caddie !

Alain Granat


mercredi 12 janvier 2011

"Histoires Floues", mensonges et vérités


Commencer l’année par un livre subtil, étonnant, qui pose des questions essentielles, est toujours un vrai bonheur. Il l’est plus encore lorsque l’on découvre un auteur, Cathie Fidler, dont la première publication révèle un vrai sens de la narration. « Histoires floues » (Edilivre.com) est un recueil de trois nouvelles se déroulant dans la région des Alpes-Maritimes, pendant l’occupation nazie. Un cadre jusqu’ici peu évoqué dans la littérature, que Cathie Fidler, née en 1947 à Nice, fait revivre avec émotion et justesse.



Chaque nouvelle est liée à la recherche d’un passé pas toujours glorieux, où dénonciations de Juifs et récits de héros s’entremêlent pour former ces « histoires floues », comme le sont parfois les souvenirs et la mémoire qui les déforme. On se pose souvent la question de notre réaction en temps de crise grave. Qui serait un brave, qui serait un lâche ? Qui pourrait tuer par vengeance, qu’est-ce que l’amour changerait à notre façon d’agir ? Comment transmettre, aussi… Toutes ces questions existentielles sont abordées avec une grande finesse par Cathie Fidler dans « Histoires floues », au fil d’une plume incisive. L’auteur ne donne aucune leçon sur les travers de l’humanité, mais nous aide a y voir plus clair, pour tenter de comprendre une vie qui n’est pas toujours limpide.


mardi 21 septembre 2010

A dévorer dans le metro

L'excellent site d'infos JSS News publie aujourd'hui un article intitulé "Attentat à Paris : Après-Demain ?". Une entrée en matière accrocheuse pour présenter "Après-demain ?" (EdiLivre) de Marc Lev, thriller qui tombe à pic ! Et que nous conseille vivement Jonathan-Simon Sellem, auteur de cet article (que jewpop vous présente en intégralité) et de la préface du roman policier de Marc Lev. A qui nous souhaitons autant de succès en librairie que son presque homonyme collègue. 




Depuis quelques jours, les journaux, les radios, les sites internet et les télévisions ne parlent que de cela : le niveau de sécurité anti-terroriste est relevé à Paris et dans la région parisienne. Selon ce que l’on veut bien nous dire, les renseignements algériens auraient donné une information à la France: une jihadiste à l’intention de se faire exploser à Paris… Comme au milieu des années 90, la France est en alerte rouge. FLN, GSPC, AQMI… Autant de sigles qui rappellent de mauvais souvenirs…

Signe du destin ou simple coïncidence, c’est exactement au même moment que sort le dernier roman de Marc Lev qui traite exactement de ce sujet. Dans son livre “Après-demain”, l’auteur nous met dans la peau de Cram Wile, un journaliste grillé qui revient sur le devant de la scène après quelques années de mise au vert. A peine revenu aux affaires, il intègre malgré lui une division anti-terroriste et se retrouvera au milieu de réseaux jihadistes basés en France.


Violentes manifestations dans les banlieues françaises, synagogues ciblées, mosquées détruites, haine inter-communautaire et… Attentats chimiques ou bactériologiques ? “Après-demain?”, est un roman terriblement actuel dont l’histoire est peut-être celle qui se joue actuellement en France et dont les services de renseignements ne disent rien pour ne pas alerter l’opinion publique. Dans ce livre qui se dévore en quelques heures, on est vite confus lorsqu’il s’agit de faire la différence entre fiction et réalité. Marc Lev nous transporte avec brio dans un monde qui nous effraie tous : le danger d’un attentat d’une “nouvelle” envergure.

Et les cibles pourraient-être multiples : métro, centre commerciaux, buildings… Ou même à travers la grande distribution ! Cela paraît surprenant, voire même dément, et pourtant, Marc Lev met en lumière et sans tabous un futur qui pourrait être le notre, si les services secrets français venaient à défaillir rien qu’une seule fois ! Un livre à ne pas rater pour comprendre les enjeux géopolitiques d’aujourd’hui, à travers une fiction dont les ressemblances avec la réalité sont poussées à l’extrême !

- A propos de l’auteur: Marc Lev est un chroniqueur de l’actualité Moyen-orientale de par son blog. Il a publié un premier roman "Demain ?" dont ce thriller "Après-demain ?" en est la consécration. L’auteur se veut anti-extrémismes, actif dans la cause pour la libération de Guilad Shalit et tente à sa manière d’en appeler à une paix au Moyen-Orient.


dimanche 5 septembre 2010

"Zimmer", le choc de la rentrée

En moins de 80 pages, Olivier Benyahya réussit, avec son premier roman "Zimmer" (Editions Allia), un véritable tour de force littéraire et politique. Par la voix de son héros Bernard Zimmer, juif parisien de 84 ans rescapé d'Auschwitz, devenu serial-killer d'Arabes, de Noirs et de Juifs (de gauche !), Benyahya nous entraîne dans un monologue terrifiant et drôle à la fois, dont on ne sort pas indemne. 

Dans un style concis et brillant, avec férocité et un humour grinçant, l'auteur se joue de tous les poncifs sur le racisme, l'antisionisme, l'immigration, la Shoah, les violences sociales et communautaires, les Palestiniens et les Israéliens, Dieudonné... délivrant un message d'un pessimisme absolu. 

"Zimmer", écrit au moment des émeutes urbaines de 2005, alors que des synagogues brûlent en banlieue et que l'on entend hurler "Mort aux Juifs !" lors de manifestations contre l'intervention américaine en Irak, met à nu avec acuité le phénomène récent de libéralisation de la parole raciste et de la banalisation de l'Histoire.


Jewpop a demandé à Olivier Benyahya (photo) s'il ne craignait pas de violentes réactions à la lecture de son texte : "Pour ce qui est des différentes réceptions possibles du livre, je dois vous avouer qu'il m'est difficile de répondre. Peut-être parce que j'ai le sentiment d'être très clair dans mon rapport à ce texte: je souhaitais écrire un livre triste parce que c'était, et c'est encore la merde, et que les mots ont été vidés de leur sens par les gens qui construisent le regard des masses (juives ou pas)" déclare l'auteur.

Il ajoute : "La figure du narrateur, l'agressivité, les références, la construction, tout cela s'est presque imposé. C'était à mes yeux la seule manière, à la fois nécessaire et décente, d'être fidèle à la colère. Je ne me serai jamais autorisé une simple provocation littéraire. Et je crois que ma préoccupation la plus sérieuse était de sortir le texte de toute temporalité trop marquée, en dépit de son ancrage dans une période donnée. Je voulais que le livre, dans cinq ou trente ans, conserve une étrangeté qui ne soit pas de surface. Et, tout en écrivant un livre résolument français, y introduire une liberté de ton plus propre à une certaine culture juive américaine". Pari réussi pour Benyahya, qui signe avec ce premier roman une oeuvre empreinte de modernité, puissante et dérangeante, digne de celles d'un Edgar Hilsenrath.

Parmi les quelques 700 ouvrages qui débarquent sur les tables de libraires en cette rentrée littéraire, plutôt que de porter votre choix sur la dernière daube d'Abécassine, jewpop vous conseille de lire (et relire plusieurs fois) "Zimmer" de toute urgence ! Le plaisir de découvrir un auteur de ce (gros) calibre est rare.



L'immense comédien Maurice Garrel a joué "Zimmer" pour quelques lectures au Petit Théâtre des Mathurins, en mai 2009. On peut trouver sur YouTube un court extrait de son travail sur le texte :

lundi 19 juillet 2010

Des livres pour l'été : la sélection jewpop

Vous êtes plutôt polar, saga, roman historique, ouvrage politique ou porté sur l'humour ?
Vous trouverez forcément votre bonheur dans ce choix de livres à emporter en vacances. Première partie de notre sélection d'été.


Débutons avec une série "buller sur la plage en se bidonnant".      En priorité, ce chef-d'oeuvre d'humour noir qu'est "Fuck America", de Edgar Hilsenrath (Points, édition poche), dont vous pouvez lire la chronique publiée sur jewpop. 


Dans un genre plus léger, "La Méditation du pamplemousse", de Stéphane Belaïsch (Denoël), "une belle tranche de lecture plaisir, sans prise de tête, au charme indéniable", comme le dit notre chroniqueuse.


Une internaute pleine d'humour a commenté notre chronique de "La Lamentation du prépuce", de Shalom Auslander (10/18, domaine étranger), en écrivant : "à pisser de rire !". On avait pas osé la faire, mais c'est vraiment le cas !


"Un roman irrésistible", titrait jewpop pour la chronique de "La Bar-Mitsva de Samuel",  de David Fitoussi (Livre de poche). Faut-il ajouter "très drôle et très méchant" pour vous donner définitivement envie de le lire ?


"Ils sont fous ces Hébreux !" (éditions du moment) est un recueil hilarant de chroniques dues à la plume de la journaliste Danièle Kriegel, qui vit depuis près de 30 ans à Jérusalem et dépeint avec un humour corrosif la pluralité de la nation israélienne. Si vous voulez tout savoir de la vie de Moïse, revue et corrigée par un spécialiste des plantes hallucinatoires, ou encore ce qu'est la "Boublil attitude", ce livre est pour vous !


Du côté des polars, restons dans l'humour avec "Pour une poignée de diamants" de Gilles D. Perez (Buchet / Castel). Un coup de coeur jewpop pour ce livre publié en 2009, qui met en scène une guerre des gangs entre Belleville, le Sentier et Tel-Aviv, dans laquelle est plongé Isaac Toledano, pilote de ligne à El Al. Imaginez une rencontre improbable entre les "Tontons Flingueurs" et "Kill Bill", et vous aurez entre les mains un polar totalement déjanté et jubilatoire, dont Michel Audiard n'aurait pas renié certains dialogues !


Le "thriller psychanalytique" est la spécialité d'Irvin D. Yalom, dont jewpop s'est fait l'écho en chroniquant l'excellent "Mensonges sur le divan" (Points), qualifié par l'écrivain David Lodge de "roman captivant, spirituel et extrêmement amusant". A lire aussi bien sur un divan que dans un hamac.


mardi 29 juin 2010

La Méditation du pamplemousse (Tel-Aviv Roman)


Mais que peut-il bien y avoir de commun entre le Viagra, un chien suicidaire, la quête désespérée d’un appartement à louer, et des pamplemousses ? Cette équation a priori improbable est résolue par "La Méditation du Pamplemousse, Tel-Aviv Roman" (Denoël), de Stéphane Belaïsch.



Chronique sans prétention mais pleine d’humour, de tendresse, la Méditation du Pamplemousse nous balade dans un Tel-Aviv d’un pittoresque inattendu, d’une modernité éclatante. Sholem Aleichem eût-il été vivant, il eût sans doute lu avec plaisir cette Méditation, reconnaissant dans les personnages rencontrés au fil des pages ces héros du quotidien qu’il aimait tant, reflets de nos identités juives hétéroclites, trop comiques pour être totalement réalistes, et trop réels pour n’être que des caricatures.


L’écriture est nerveuse, drôle, moderne, douce-amère parfois, jamais complaisante. Ce Tel-Aviv est le Tel-Aviv du quotidien, une ville à la modernité iridescente, démocratique dans sa diversité même, et c’est aussi ce que l’auteur capture : l’irréductible liberté d’un pays, d’une ville, qui n’a pas fini de se chercher, mais qui autorise toutes les recherches. Ecrivain, cinéaste ("Le Syndrome de Jérusalem"), Stéphane Belaïsch nous offre une belle tranche de lecture plaisir, sans prise de tête, au charme indéniable. Ne boudons pas notre plaisir, pour une fois qu’il est disponible sans contrepartie de bons sentiments. En bonus, une méthode de méditation, clé de l’énigme du titre : pelez et mangez, quartier par quartier, un pamplemousse israélien, et vous comprendrez…

Judith Gross

Acheter "La Méditation du pamplemousse" sur amazon.fr (17,10€)

Extrait : "Sopalin a échoué en Israël. Le Sopalin n'est pas populaire, j'ignore si la faute en revient à un mauvais marketing, mais en tout cas c'est un très gros problème pour ma libido. En effet, dans les pays développés, le Sopalin est prévu pour les mains, le PQ pour le cul et le Kleenex pour le nez. Ici, le PQ fait multi-usage : aux chiottes, à la cuisine, sur la table basse du salon, sur la table de nuit... le PQ est absolument partout et incroyablement assumé. Si une fille vous invite à dîner chez elle, elle peut vous recevoir avec un rouleau de PQ à la main. Elle s'en servira pour se moucher, s'essuyer la bouche et s'éponger le front lors d'un inoubliable et romantique dîner aux chandelles et rouleaux."

jeudi 24 juin 2010

"La Bar-Mitsva de Samuel", un roman irrésistible

Avec "La Bar-Mitsva de Samuel" (Le Livre de Poche), David Fitoussi signe un premier roman dans la lignée des grands auteurs juifs iconoclastes. On pense à Philip Roth et Portnoy et son complexe, aux "mauvais juifs" de Gérald Shapiro ou encore à la "Lamentation du prépuce", de Shalom Auslander. L'auteur, né en France, a grandi à Montréal dans les années 80 avant de faire son alyah il y a 5 ans, après une brillante carrière dans l'immobilier au Canada. On ne regrettera pas son heureuse reconversion dans le monde des lettres, avec ce premier livre, best-seller dès sa parution au Québec.


A travers l'histoire de Samuel Elbaz, jeune garçon émigrant malgré lui à Montréal en compagnie d'une famille recomposée, à côté de laquelle les personnages du film "Affreux, sales et méchants" d'Ettore Scola feraient figure de Bisounours, David Fitoussi décrit avec un humour cruel et provocateur les affres de la préadolescence, au sein d'un environnement hostile.


Le jeune Samuel, entre ses pulsions sexuelles incontrôlables, sa quête d'une identité juive hors-norme et d'un père idéalisé, subit un climat décrit par l'auteur tel que "Au-delà [des six degrés sous le point de congélation], il devenait physiquement très difficile de réfléchir, sinon peut-être au suicide ou à des vacances en Floride […]. Cependant, au prix que coûtaient des vacances en Floride, je comprenais pourquoi le Québec avait le taux de suicide chez les jeunes le plus élevé de la planète".

"La Bar-Mitsva de Samuel" est un roman irrésistible, que jewpop conseille en particulier aux personnes suivantes : adolescents en quête de "bons plans" pour glisser leur main dans la culotte d'une fille, lecteurs souhaitant mieux connaître l'univers épique du Sarcelles des années 70, lecteurs souhaitant émigrer prochainement au Canada, lecteurs organisant bientôt une bar-mitsva, lecteurs ayant l'intention de divorcer. Ce qui fait déjà pas mal de monde. Laissons le mot de la fin à David Fitoussi, qui a déclaré à jewpop : "Je ne souhaite pas, même à mon pire ennemi, de vivre un hiver québécois !", précisant toutefois qu'il s'agissait d'une "pointe d'ironie". On attend avec une impatience non dissimulée son deuxième roman, qu'il écrit sous les cieux plus cléments des environs d'Ashdod.





lundi 7 juin 2010

Entre Dieu et Darwin, Le concept manquant.


Francis Kaplan nous livre son nouvel opus, sur la question : qu’est-ce que la vie ? Il poursuit ainsi sa réflexion d’ouvrages en ouvrages (notamment Des Singes et des hommes, L'Embryon est-il un être vivant ?), à la croisée de la biologie, de la philosophie et de l’éthique. Avec courage et audace, il réexamine des notions tellement chargées, surchargées idéologiquement, pour déblayer, couche par couche, presque en archéologue, avec douceur et fermeté, ce qui peut faire l’objet d’un savoir indubitable. Il montre ainsi que « ni la finalité théologique ni la réduction de la vie à la matière, ni les théories vitalistes n’apportent une réponse satisfaisante à l’énigme de la finalité biologique, qu’il n’y a pas de concept adéquat et que cette finalité relève en fait d’un bricolage intellectuel ». 

Mais Francis Kaplan, professeur émérite  de philosophie, n’est pas un archéologue. Les problèmes qu’il affronte nous concernent aujourd’hui, du biologiste au politique. Plus qu’en philosophe, c’est en logicien implacable qu’il met à nu au cours de cette enquête nos concepts bricolés, avec lesquels nous devons pourtant vivre.

Pierre-Emmanuel Moog

jeudi 27 mai 2010

Assimil lance sa méthode de Yiddish !

"Le Yiddish sans peine", ce n'est pas une blague juive mais bien la nouvelle méthode publiée la vénérable maison d'édition Assimil (fondée en 1929), qui propose désormais, après le Tamoul ou encore l'Egyptien hiéroglyphique, un splendide coffret qui vous permettra, au bout de quelques semaines, de converser en yiddish. Sans peine. Ce qui, avouons-le, est quelque peu paradoxal pour cette langue, qui, selon le romancier américain et célèbre yiddishiste Michael Wex, "ne saurait être mieux adaptée à l'art de la lamentation". Oy !

Les auteurs de cette méthode, Annick Prime-Margulis et Nadia Déhan-Rotschild, toutes deux enseignantes à la Maison de la Culture Yiddish de Paris, ont conçu 85 leçons progressives, conformes à la méthode exclusive qui a fait le succès d'Assimil. Comble de la modernité, outre le livre comportant les leçons et ses 4 CDs audio correspondants (CD se disant kompaktl en yiddish), vous trouverez dans le coffret un CD mp3 qui vous permettra de réviser sur votre oyPod, oyBook ou tout autre lecteur de données numériques. Nou ?


Et pour toutes celles et ceux qui voudraient compléter leur apprentissage, jewpop conseille vivement "Kvetch !", livre jubilatoire de Michael Wex, qui montre comment le yiddish permet à ses locuteurs de se plaindre sur tout : la nature, la nourriture, le sexe... Et vous permettra aussi d'assortir vos conversations d'expressions aussi indispensables que vosèr sheyne moyshe vearndlekh (ndt : quelle belle paire de roberts).


mercredi 7 avril 2010

Hirbat-Hiza, récit indispensable de la littérature israélienne.

"Il y a une partie de Yizhar dans chaque auteur qui est venu après lui, " dit Amos Oz de Yizhar Smilansky (1916-2006), également présenté par Shimon Peres comme "le plus grand écrivain du jeune Etat d'Israël". Dans sa nouvelle "Hirbat-Hiza", écrite en 1949 et rééditée récemment par les éditions Galaade, S.Yizhar (son pseudonyme) décrit dans une langue d'une rare puissance, alternant lyrisme poétique et violence crue, l'expulsion des familles d'un village palestinien dans les dernières semaines de la guerre de 1948, vue des yeux d'un combattant juif.

Yizhar était alors officier de la jeune armée israélienne. Il a écrit sur ce qu'il a observé et ressenti, livrant un récit poignant que l'auteur de la postface de l'ouvrage, l'écrivain et professeur à l'Université de Jérusalem David Shulman, qualifie de "texte canonique, chef d'oeuvre de prose en hébreu moderne". Et qui, malgré son sujet polémique, fait partie intégrante ("théoriquement", selon Shulman) du programme des lycées israéliens. 


Après la guerre d'Indépendance, Yizhar Smilansky entre en politique aux côtés de Ben Gourion, siège 17 ans à la Knesset et reçoit les plus prestigieux prix couronnant un auteur israélien. L'adaptation de "Hirbat-Hiza" pour la tv israélienne par le réalisateur Ram Loewy, en 1978, causa alors un véritable scandale, certains n'hésitant pas à qualifier l'écrivain de traître... Plus de 60 ans après sa parution, cette émouvante nouvelle reste d'une terrible actualité.

Commander "Hirbat-Hiza" sur Amazon.fr (13,30€)

En 1949, l' année même où Yizhar Smilansky écrit son récit, un ex-soldat de l'armée britannique, Bernard Beecham, visite le jeune Etat et filme d'extraordinaires images en couleur du pays, sans doute les seules connues à ce jour. Merci à Maryline Medioni, directrice de la publication de l'excellent magazine Vision d'Israël , de nous les avoir fait découvrir. Elles sont extraites d'un documentaire réalisé en 1996 par Sir Martin Gilbert intitulé "Israel, Birth of a Nation" (dvd disponible sur Amazon.com, 18, 49$).

vendredi 19 mars 2010

Un Seder presque parfait !

Vous voulez intéresser vos enfants et/ou petits-enfants, impressionner votre copain/copine ou vos futurs beaux-parents, ou tout simplement vous faire plaisir ? Cette année vous allez diriger la lecture de la Hagada ( même si vous ne lisez pas l'hébreu ! ) et commenter la sortie d'Égypte !


Vous serez comme Na'hchone ben Aminadave, de la tribu de Binyamine, celui qui sauta dans la mer le premier et entraîna le peuple à franchir la mer des joncs (selon Rabbi Yehoudah, certains affirment sans vergogne qu'il aurait été entraîné par le rav P. Lucas). Pour cela achetez (ou empruntez) une Hagada, lisez-la et étudiez sa traduction, les commentaires et explications.

Au menu (en plus des matsote, karpass et marore et des 4 coupes de vin rouge) :

- LA COMPLÈTE : "La Hagada de Pâque , le rituel commenté" par le rabbin Joseph ELIAS (Éditions Colbo, traduction française par le rabbin Jean-Jacques GUGENHEIM, "The ArtScroll Mesorah Series", 1993). 244 pages dont les 11 dernières sont un "additif : variantes sepharades de la Hagada". Rigoureuse par sa traduction et la richesse de ses commentaires et explications, elle ne gênera pas par ses dimensions votre voisin(e). Elle peut paraître sèche comme la matsa mais ses propriétés gustatives en font toujours la Hagada la plus riche !

Commander sur le site de la Librairie du temple (28,50 € ; 23x13,5x2 cm ;  530 gr.)

- L'ILLUSTRÉE : LA HAGADA KATZ, au nom de Rav Eliezer KATZ , toujours traduite par le rabbin Jean-Jacques GUGENHEIM (Édition 'Hinoukh). Superbement illustrée, les pages 112 à 123 sont riches de références et explications ; les pages 124-127, rédigées par Rabbi Morde'haï NEUGROSCHEL, s'intitulent " La sortie d'Égypte : fait ou mythe ? " dont il faut aussi lire et méditer l'introduction pages 9 à 11 sur le seder au camp de concentration de Bergen Belsen en 1945, juste avant la Libération. Votre voisin(e) risque de se coller à vous pour en dévorer les pages...

A priori indisponible sur les sites de la Librairie du progres ou de la Librairie du temple, vous pouvez la commander sur Priceminister.com (31,00 € ; 27x23x1,8 cm ;  848 gr.)


Et pour faire preuve d'érudition : dans sa version originale en hébreu, en 2 volumes, "GVOUROT HACHEM" du Maharal de Prague (Éditions Oz vehadar / Israël)  et en français aux ( extraordinaires, par leur choix et leur richesse éditoriale ) Éditions du Cerf / 1994 : "Les hauts faits de l'Éternel" de Rabbi Yehoudah Leïb  (ou Loew) ben Betsalel, dit le Maharal (Moreinou harav Loew). Plus long à digérer à quelques jours de Pessa'h qu'un kilo de matsot mais quel régal ! Hélas difficile à trouver... Mais le plaisir est aussi de chercher ! Il vous faudra savoir placer les anecdotes et explications sans avoir la bouche pleine et quand vos hôtes seront disponibles, c'est-à-dire durant la lecture puis pendant le repas.

Enfin, n'hésitez pas à lire les seize textes et études rassemblés dans  "Sortir d'Égypte" sous la direction de Shmouel TRIGANO (Editions IN PRESS / PARDÈS N° 46, sept. 2009). Léger en apparence mais lourd de sens : PARDÈS pour les habitués !

Disponible chez amazon.fr (21,85€ ;  210 pages ; 16x24x1,2 cm.)

 Et pour faire tenir les enfants jusqu'à la fin du seder, une devinette à ne dévoiler qu'après le Birkat hamazone ou 'had gadyah :
 - Par quelle compagnie aérienne les enfants d'Israël sont-ils sortis d'Égypte ?
 - Par Air Bamère ...

Bébert le Livreur

lundi 15 mars 2010

Pourquoi nous sommes tous devenus Juifs ? La thèse passionnante de Yuri Slezkine

"Le Siècle juif" (Editions La Découverte), de Yuri Slezkine, professeur d’histoire à Berkeley et spécialiste de la question nationale en URSS, propose une brillante réflexion sur l'identité juive et sur la dimension juive de l'homme moderne au XXè siècle.

Partant du principe de l'opposition entre «  Apolloniens » et « Mercuriens », termes désignant d'un côté les hommes et les femmes attachés à la terre et à la tribu, et, de l'autre, ceux qui descendent du messager Hermès, nomades capables d'échanger leurs différentes formes de savoir, Slezkine, dans la première partie de son livre, montre combien la condition des Juifs, ces "nomades fonctionnels les plus doués de la planète", est similaire à celle d'autres peuples. Tels les Chinois en Asie, ou encore la caste indienne des Parsis, lorsque ces paysans furent transplantés en Afrique de l’Est face aux natifs ougandais ou kenyans, engendrant à la fois dépendance et jalousie à leur égard. Les parallèles qu'il étudie entre goyim et Juifs, gadjos et gitans, thaïs et chinois, paysans latino-américains et commerçants "turcos" (syro-libanais), bref  "Mercuriens" et "Apolliniens", dans le champ de l’imaginaire et dans celui de la division du travail, sont à ce titre édifiants et démontrent bien comment l’antisémitisme qui a sévi en Europe de l’Est s’enracine dans des représentations anthropologiques universelles.

La suite du livre, extrêmement riche en notes littéraires (de Babel à Sholem Aleichem, en passant  par Joyce et Pouchkine) et statistiques (en particulier sur le rôle prépondérant des Juifs dans la révolution bolchévique) déroule une passionnante étude sur les Juifs inventeurs de la modernité marxiste et freudienne puis porteurs, avec le sionisme, du "plus excentrique des nationalismes", pour finir sur les grandes « Terres promises » au XXe siècle que furent pour les Juifs la Russie soviétique, l’Amérique capitaliste et libérale et Israël, état "apollonien" par excellence.



Pour l'auteur, "L’Âge moderne est l’Âge des juifs, et le XXe siècle est le Siècle des Juifs. La modernité signifie que chacun d’entre nous devient urbain, mobile, éduqué, professionnellement flexible... En d’autres termes, la modernité, c’est le fait que nous sommes tous devenus juifs.". Elu par le magazine  Lire "Meilleur livre de l'année 2009" dans la catégorie Histoire, cet ouvrage étonnant et provocateur, qui a connu un immense retentissement et suscité de nombreuses polémiques lors de sa parution aux Etats-Unis en 2004, n'est pas qu'une "autre histoire" du peuple juif, mais bien une oeuvre indispensable pour comprendre le monde actuel.



 

jeudi 11 février 2010

La lamentation du prépuce

 

Couronné par le prix Indiana 2010 décerné par les blogueurs littéraires, ce premier roman de Shalom Auslander, jeune écrivain américain, est une charge hilarante et d'une rare férocité contre le milieu juif ultra-orthodoxe, et contre Dieu en général.

Shalom et Orli, couple de trentenaires, attendent leur premier enfant. Si Shalom est angoissé par cette situation, ce n'est pas tant à cause de son statut de futur père que par la perspective de la circoncision. Traumatisé par son éducation, où la crainte de Dieu et de ses châtiments est omniprésente, Shalom, enfant puis adolescent, enfreint toutes les règles pour le mettre au défi. Gavages de hot dogs, lectures pornos, joints, sexe avec des shikse, tout y passe. Et jamais rien ne se passe. Entre révolte et paranoïa aigüe, La lamentation du prépuce (édition poche 10/18, domaine étranger) fait se succéder scènes à se tordre de rire et réflexions intenses sur les questions de l'identité, des liens familiaux et de ce que l'auteur nomme "maltraitance spirituelle", qui pourrait s'appliquer à n'importe quelle religion ou dogme.

Iconoclaste et blasphématoire, cette autobiographie romancée (remarquablement traduite par Bernard Cohen, traducteur attitré des ouvrages de Douglas Kennedy) est à ne pas mettre entre toutes les mains. Mais elle ravira à coup sûr tous les fans de Philip Roth, Woody Allen et Chaïm Potok, en quête de rire.

Le site de l'auteur : Shalomauslander.com/

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samedi 9 janvier 2010

Lettres recommandées

jewpop inaugure ici une nouvelle rubrique intitulée "Lettres recommandées". Place donc à "Bébert le Livreur", pseudonyme choisi par notre chroniqueur littéraire, lecteur avide et avisé de belles lettres consacrées au judaïsme sous ses aspects les plus divers, qui nous fera régulièrement partager ses coups de coeur. jewpop précise pour ses lecteurs que Bébert le Livreur tient tout particulièrement à indiquer le poids des ouvrages qu'il chronique, cet élément revêtant pour lui une importance non négligeable dans le choix d'un livre,  en particulier lors des trajets dans les transports en commun. Dont acte.

Chalom aleikhem !

Sans pour autant négliger l’Étude, particulièrement de la Paracha (un superbe, quoique onéreux, outil tel que le "HOK LE ISRAEL" vous réjouira), j’ai envie de vous faire partager les plaisirs d’ouvrages qui justifient l’abattage des arbres ;  parmi mes choix , je suis en train de lire :


Dans la superbe collection : les Cahiers de L’Herne, N° 92, octobre 2009, avec le soutien du Centre National du Livre et de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, « SCHOLEM ». Cahier dirigé par Maurice Kriegel. Gershom SHOLEM ; le XXème siècle, «  de Berlin à Jérusalem », des analyses remarquables, 7 entretiens qui lui permettent d’ exercer son talent oral aussi fort qu’à l’écrit, «  kurz und scharf »*, des textes sur la littérature, la Kabbalah, le messianisme, le sionisme… Nous avions eu le plaisir du N°60 sur Emmanuel LÉVINAS, nous nous régalons avec ce volume.
37,05 €, 676 gr, 328 pages, 21x27x2, 8 cm


L'ABC des religions, par Pierre CHAVOT (Marabout / octobre 2009). De A comme Aaron ( Cohen oblige !) à Z comme Zoroastrisme ( juste après Zohar Sefer ha- ), un ouvrage encyclopédique sur les trois traditions monothéistes ( le christianisme étant réduit à son expression catholique ) à travers les termes, noms et notions essentiels, qui permettront à tout un chacun de mieux connaître l’autre, de se rapprocher tout en cultivant ses propres connaissances,  avec des annexes riches (calendriers et fêtes – sans le Yom HaShoah ni Yom HaAtsmaout pour les Juifs, ce qui d’un certain point de vue est compréhensible -, les offices quotidiens font cependant l’oubli, comme dans l’ABC– pour cette première édition - du MOUSSAF et surtout de ROCH ‘HODECH, notion essentielle et déterminante, après le CHABBAT, du calendrier juif). Pierre CHAVOT et Sylvie MASCLE ont initié un travail déterminant dans la compréhension du voisin, si proche et si lointain…en même temps ! Pour croyants, agnostiques ou athées. Uniquement pour les curieux et esprits ouverts.
9,40 €, 17,7x 12,4x 4,8cm, 723 gr, 781 pages  + 20 pages blanches… pour prendre des notes !

Dans la collection 128 (Armand Colin / juin 2005), un petit fascicule  de … 128 pages, aéré, agréable à lire, vif, d’une grande érudition tout en se voulant synthétique et qui rend plus intelligent , de Maurice-Ruben HAYOUN : « Le judaïsme » (vous corrigerez de vous-même page 32 « Terumot 14b » au lieu de « Temurot ». L’auteur propose, avant le précieux glossaire, en annexe sur 12 pages, son "regard sur le judaïsme français contemporain, en 2004".
134 gr, 13x18x0,8 cm, , 8,93€

Nous vous parlerons prochainement de :
-       réédition du « Midrash Rabba sur Ruth et Midrash Rabba sur Esther » dans la collection Tel Gallimard, 8,50 €, et d'un ouvrage à lire, à diffuser:
"Et D-ieu parmi les cendres  Réflexion théologique sur la Shoah" par le Rabbin Jacky MILEWSKI (ACTI / Montevidéo-Paris) aux Editions LICHMA, 7, 90€.
Depuis le N° 9/10 de l’excellente revue PARDÈS (1989) PENSER AUSCHWITZ où les Rabbins RUBENSTEIN et ASKÉNAZI ( Zatsal) exprimaient une pensée juive, l’ouvrage du Rav MILEWSKI nous apporte une lumière forte et inédite sur l’incompréhensible et l’indicible, après l’obscur «La Choa » des Rabbins Yoël SCHWARTZ et Ytsh’aq GOLDSTEIN,  le livre du Rav Ezriel TAUBER «Des ténèbres à la lumière, une réflexion sur la souffrance juive » et le magazine KOUNTRASS N° 129 sur « la Choa ». Acheter "Et Dieu parmi les cendres" sur Amazon

    Et un Rabbin ne pouvant en cacher un autre, le Rabbin Marc-Alain OUAKNIN, au Seuil : « La Tora expliquée aux enfants » 8,08€. À mettre entre toutes les mains, de 7 à 120 ans.
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Aleikhem Chalom,
Bébert le Livreur
(*) : « court et pointu », plus allemand que yiddish.

mercredi 16 décembre 2009

Lucky Rabbi


Quoi de plus incongru qu'un rabbin au Far West ? Robert Aldrich avait déjà tenté l'expérience au cinéma, et c'est au tour de Steve Sheinkin de donner vie à un personnage de BD surréaliste, Rabbi Harvey, plongé au coeur d'une improbable bourgade-shtetl du Colorado. Ce rabbin-shérif dégaine les Pirké-Avot plus vite que son ombre, au cours de petites histoires malicieuses et tendres, inspirées de célèbres maximes et contes populaires yiddish ou du Talmud. Si le style déroutant de Sheinkin ne cède pas à la facilité, avec ses personnages affublés de cernes sous les yeux (à force d'étudier tard la nuit ?) évoluant au milieu de décors très linéaires, ses histoires emplies d'humour sont une source constante de réflexion et d'enseignements. Deux tomes des "Aventures de Rabbi Harvey" (Editions Yodéa) sont déjà parus, le troisième est attendu avec impatience par ses déjà très nombreux fans !
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mercredi 2 décembre 2009

Le cadeau de Hanouka idéal pour les princesses juives

Si vous ne l’avez pas encore, procurez-vous d’urgence «Le carnet de recettes d’une princesse juive» (Editions Marabout). Ce livre de recettes de cuisine juive ashkénaze, écrit par deux anglaises qui assument avec humour leur statut de jewish princess, va au-delà du simple livre de recettes et propose un véritable guide de vie pour faire éclore la princesse juive qui sommeille en chaque femme. Un guide malin, avec des recettes réinterprétées pour passer moins de temps en cuisine et apprécier les autres joies de l’existence (comme le shopping !), ou encore sa liste des 10 commandements de la princesse juive et ses conseils pratiques. Plongez avec délice dans cette «bible», bel hommage aux grands-mères qui ont su transmettre leur merveilleux sens de la yiddishkeyt, et aux «câlins recueillis sur leurs énormes seins qui jamais ne connurent la chirurgie esthétique».
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