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lundi 9 mai 2011

Mezek, quand Israël volait de ses propres ailes


Pour la première fois dans l'Histoire de la BD, la guerre d'Indépendance d'Israël est  abordée au travers de personnages hors du commun, sur fond de combats aériens. Le "Mezek", qui donne son titre à l'album (Editions Le Lombard, collection "Signé"), était la version tchécoslovaque du célèbre chasseur Messerschmitt 109, utilisé par la Luftwaffe pendant le second conflit mondial. A la carcasse de l'avion allemand avait été rajouté un moteur de bombardier tchèque, rendant l'appareil particulièrement lourd et dangereux à piloter, d'où son surnom de "mule" (mezek, en tchèque). 

Ce sont deux poids lourds de la BD franco-belge, le dessinateur André Juillard, qui a repris la série des "Blake et Mortimer" après le décès de son créateur Jacobs, et le scénariste Yann, co-auteur des albums "Pin Up" et du "Grand Duc", qui ont donné vie à ces pages méconnues de la guerre d'Indépendance de 1948. Une histoire basée sur des faits réels, presque déroutants, puisqu'outre celui de voir la jeune armée israélienne utiliser du matériel d'origine allemande pour sa survie,  on apprend que, par une incroyable ironie de l'Histoire, parmi les mercenaires venus combattre aux côtés des premiers aviateurs israéliens se trouvaient aussi d'ex-pilotes de l'armée de l'air allemande. 


Yann a pris pour héros un pilote mercenaire, Bjorn, qui cache un lourd secret à ses camarades de combat. On est loin, dans "Mezek", des histoires à la "Buck Danny", la guerre de 1948 étant traitée ici sous l'angle d'une intrigue psychologique autour d'un personnage complexe et ambigu, dont plusieurs femmes tombent amoureuses (le dessinateur André Juillard étant aussi remarquable dans son traitement des nus que dans ses croquis d'aviation !). 

Comme le souligne l'auteur, "il y a eu plus de morts au décollage et à l'atterrissage. Ca n'a rien à voir avec la Bataille d'Angleterre... Il n'y a pas eu de moments très glorieux !". S'appuyant sur la passionnante histoire du pilote anglais Gordon Levett, "Le Ciel t'aidera", Yann et son complice Juillard livrent une BD particulièrement originale, qui a le mérite d'aborder un sujet rare, traité avec finesse et une réelle objectivité historique.

Alain Granat

Visuels copyright André Juillard et Yann / Editions Le Lombard, collection Signé 


Les fans de BD ne manqueront pas le superbe carnet de croquis avec commentaires des auteurs + repères historiques en fin d'ouvrage, intitulé "Mezek, naissance d'une bande dessinée" (28, 40€ chez Amazon.fr)

Une interview des auteurs de "Mezek" sur Fr.3 :





mardi 3 mai 2011

La Mer Morte mise à nue


Spencer Tunick, l’artiste mondialement connu pour rassembler des centaines de volontaires nus et les prendre en photo a lancé son dernier défi en date : plusieurs milliers d’Israéliens, nus, à la Mer Morte ! Jonathan-Simon Sellem, rédacteur en chef de JSS News, nous dit tout sur l'événement.

Cette opération est destinée, selon l’artiste, à « attirer l’attention sur la détérioration de la situation environnementale de la mer Morte ». Suite à la prise de photos, une exposition sera organisée et le photographe espère recueillir 50.000€ pour en faire don à des organisations non-gouvernementales qui œuvrent pour la protection de la Mer Morte.


La Mer Morte, endroit le plus bas de la planète, est mondialement connue pour ses pouvoirs thérapeutiques sur les problèmes de peau. Son sel et sa boue sont vendus dans le monde entier et permettent de soigner bien des maladies autrement incurables. Les minéraux de la Mer Morte sont toujours considérés comme étant les secrets de la beauté de Cléopâtre.

En 2008, l’artiste israélienne Sigalit Landau avait posée nue dans la Mer Morte en compagnie de… 500 pastèques !



Tunick a brisé les stéréotypes, les conventions et les tabous en Europe, Asie, Afrique, Australie et en Amérique au point où, depuis 1992, il a photographié plus de 100.000 personnes nues.
Jonathan-Simon Sellem – JSSNews

Le site de Spencer Tunick, sur lequel vous pouvez retrouver les photos de ses installations, et vous inscrire pour poser comme modèle.

Vous pouvez contribuer au projet en effectuant une donation sur le site Kickstarter.com
Fin de l'opération, le 6 juin : à ce jour, plus de 12 000$ ont déjà été réunis.

jeudi 31 mars 2011

TF1 adapte la téléréalité made in Israël


L'immense succès des deux saisons de "Connected", l'émission de téléréalité diffusée sur la chaîne cablée israélienne Ever, n'a pas échappé à TF1, qui va prochainement adapter ce concept d'un nouveau genre, où cinq personnes se filment dans leur quotidien, appliquant à la télé le principe du "User Generated Content" ("contenu généré par les utilisateurs") consacré à l'ère du Web 2.0. Les deux créateurs de la série, Ram Landes et Doron Tzabari, ont imaginé un show basé sur une idée très contemporaine : voir comment les autres vivent, et comparer nos vies aux leurs.

Au sein du paysage audiovisuel israélien, Landes et Tzabari sont loin de la caricature des créateurs de programmes de téléréalité.  Tzabari est l'un des réalisateurs de documentaires les plus célèbres du pays, bardé de prix, tandis que Landes fut longtemps responsable d'un service d'infos à la télé israélienne, puis créa un soap, "Hasufim", ayant pour thème les méthodes de manipulation des journaux tv israéliens.


Pour la première saison, diffusée l'année dernière en Israël, ce sont cinq femmes de 16 à 42 ans qui se sont mises en scène, lors de 45 épisodes d'une durée de 25 minutes. La saison en cours, dont l'audience a explosé, présente cette fois cinq hommes, beaucoup plus exposés dans les médias que les personnages précédents. Hormis le plus jeune participant, Louis Edry, 18 ans, les quatre autres sont des figures relativement connues de la société israélienne. Shai Golden, 40 ans, critique télé, éditeur du supplément du week-end du journal Haaretz, Ron Sarig, 40 ans également, créateur de la très populaire sitcom tv israélienne "Ramzor", Dudu Busi, 45 ans, écrivain, et enfin Ishai Green, 30 ans, golden boy de la technologie qui gagna des millions à 25 ans, dépensa sa fortune en moins de deux ans, et remonte aujourd'hui une nouvelle start-up.


Des personnages atypiques dans l'univers de la téléréalité, pour une émission qui renouvelle les lois du genre, jouant sur l'émotion plutôt que sur la stupidité. A la différence des "Loft" et autres "Secret Story," outre le casting qui privilégie de vraies personnalités et non des personnages au QI de moules, les participants ne sont pas confinés dans un même lieu, et les épisodes sont diffusés après avoir été enregistrés sur les caméras octroyées à chacun, permettant des réaction très rapides et une immédiateté dans l'action.

Reste à savoir comment la chaîne qui "vend du temps de cerveau disponible" adaptera ce format, a priori détonant face aux "Carré Viiip" et autres daubes auxquelles le PAF nous a jusqu'ici habitué. Selon Angela Lorente, directrice de la téléréalité sur TF1, "Connected invente une nouvelle forme d'écriture". Certes, mais les plumes françaises qui s'y colleront seront-elles bien trempées ?

Alain Granat

La bande-annonce de la première saison de "Connected"


Voir l'excellent teaser de la saison 2 sur le site armozaformats.com


mardi 8 mars 2011

Precious Life, un film choc sur le conflit israélo-palestinien


Shlomi Eldar est reporter dans le  monde arabe pour la chaîne privée israélienne Channel 10. Pendant 20 ans, il a posé son regard de journaliste sur la bande de Gaza, témoigné des aspects humains de la situation dans ce territoire coincé entre Israël et l'Egypte. En 2007, Eldar reçoit le prestigieux prix Sokolov, équivalent israélien du prix Pulitzer, le jury récompensant son travail, qui a "su apporter au public israélien des images d'une réalité complexe qui n'est pas toujours agréable à regarder en face". Son visage a été médiatisé dans le monde entier lorsqu'un soir de janvier 2009, pendant l'opération Plomb durci, il reçoit un appel téléphonique en direct à l'antenne. Son ami, le docteur Izzeldin Abou El-Eish, médecin palestinien qui travaille à l'hôpital Tel Hashomer de Tel-Aviv, vient de perdre trois de ses filles et une nièce dans un bombardement de sa maison par l'armée israélienne.


"Precious Life" a été tourné avant le début de l'opération Plomb durci. Mohammad, un bébé de 4 mois originaire de Gaza,  né sans système immunitaire, va sans doute mourir faute de trouver l'argent nécessaire pour une greffe de moelle osseuse.  Contacté par un médecin de Tel Hashomer, le docteur Raz Somech, Shlomi Eldar réalise un sujet pour Channel 10, et un donateur anonyme offre la somme de 55 000 $ nécessaire à l'opération et au traitement de l'enfant. Eldar déclare que sa "mission de journaliste était remplie" mais que "pour une raison inexpliquée, quelque chose l'a retenu à l'hôpital". Ce sont les formidables images tournées pendant les mois suivants, qui sont au coeur de "Precious Life", vibrant plaidoyer pour un changement des mentalités dans la région.

L'un des personnages central du film est Raïda, la mère du petit Mohammad, qui illustre à merveille l'un des paradoxes du conflit entre palestiniens et israéliens, coincée entre sa volonté de voir son enfant survivre, grâce aux soins prodigués par ses "ennemis", et sa position de palestinienne de Gaza, prise à partie par ses concitoyens comme une "collaboratrice". Profondément croyante, elle répond au cinéaste, dans une scène d'une rare intensité, qu'elle serait prête à sacrifier son fils comme martyr, au nom d'Allah. Shlomi Eldar raconte que cette scène l'a tellement déprimé et mis en colère qu'il a un moment souhaité interrompre le tournage de son film. 


Aux côtés de la famille de Mohammad, dont on suit la lutte pour la survie de leur bébé comme une fiction éprouvante et captivante, le docteur Raz Somech reste l'autre figure marquante de "Precious Life". Si l'espoir d'un règlement du conflit persiste, on le doit à des hommes de cette trempe,  qui placent l'abnégation et la générosité au-dessus de tout sentiment. Même après avoir visionné la scène où Raïda se dit prête à sacrifier son fils comme martyr, celui-ci n'a qu'une seule réaction : "Je m'en fiche !", qui fera dire à Raïda "Cet homme n'est pas un docteur, c'est un ange". Le film de Shlomi Eldar foisonne de tels moments émouvants, et d'autres surprenants, comme la vision de palestiniens de Gaza découvrant les abords de l'hôpital, s'étonnant de fouler une pelouse, ou encore confrontés aux festivités du 60ème anniversaire d'Israël.


Présent lors de l'avant-première du film, qui sera projeté dans le cadre du 11ème Festival du Cinéma Israélien de Paris, le réalisateur a expliqué avoir eu "beaucoup de réactions de la part d'Israéliens qui ont eu le sentiment que le film leur avait offert un regard inédit sur la vie à Gaza." ajoutant que "cela fonctionne dans les deux sens, car la diabolisation entre les deux peuples est l'un des problèmes les plus graves. On ne peut l'endiguer qu'à partir du moment où on apprend à se connaître. Ce qui est étonnant, c'est que le seul espace où cela se déroule actuellement, c'est dans les hôpitaux israéliens, où Israéliens et Palestiniens se battent côte à côte dans un but commun". Si Shlomi Eldar est bien conscient, comme il l'a également déclaré lors du débat qui a suivi la projection, que le Hamas reste un parti intégriste, une  organisation corrompue, comme l'Autorité palestinienne, et qu'elle constitue une "base avancée " de l'Iran, il affirme que la paix ne pourra venir que des populations, non de ses gouvernants. "Precious Life" est une oeuvre non seulement extraordinaire d'un point de vue cinématographique,  qui vous hante longtemps après sa vision, mais aussi un film utile, à montrer à tous ceux qui tiennent un discours figé et radical sur le conflit.

Alain Granat

La bande-annonce de "Precious Life" (sortie nationale le 23 mars)

jeudi 17 février 2011

Macy Gray au paradis en Israël !


Après l'annulation du concert de Vanessa Paradis à Tel-Aviv (officiellement due à des "impératifs professionnels", mais selon les sources de jewpop proches du management de l'artiste, résultant uniquement de la campagne d'intimidation du BDS), l'attitude constructive de la diva soul Macy Gray, qui vient de se produire en Israël malgré le même type de pressions, après avoir consulté ses fans et répondu à ses détracteurs sur Facebook et twitter, apporte un éclairage nouveau sur l'importance conjuguée des réseaux sociaux et des relations entres fans et artistes conscients de leur responsabilité. Décryptage par Jonathan-Simon Sellem, du site JSS News

Le 11 février, dans un article publié en anglais, nous écrivions que la représentation s’est parfaitement passée. Macy Gray a donc décidé de ne pas écouter ceux qui voudraient interdire aux juifs de vivre en Israël. Et visiblement, elle a eu raison. Voilà ce que la chanteuse déclare aujourd’hui sur son compte twitter

En français: “Merci Tel-Aviv. Ce fut le voyage le plus incroyable de ma vie. Je suis nouvelle et je promet de faire du mieux que je peux.”. D’autant plus réjouissant que pendant son séjour en Israël, elle a également prit le temps de répondre aux organisateurs des campagnes de boycott anti-juifs d’Israël !
Dans un premier twitt (à gauche), “Atmona” lui demande d’ouvrir un lien qui la dirigera sur un article lui demandant d’annuler son concert en Terre Sainte. Macy Gray répond qu’elle a lu l’article. Atmona revient alors à la charge (twitt de droite) et lui demande ce qu’elle en pense. Macy Gray répond: “plein de mauvaises informations, mais rien de neuf !”. Une vraie fessée déculottée pour les BDSeurs à l’inspiration hitlérienne. Mais si vous croyez que cela s’arrête là, vous vous trompez… Lisez la suite. Macy Gray passe carrément à l’offensive et rentre dans le lard des anti-israéliens (plus que pro-palestiniens en tout cas!).
A Atmona: que fais-tu toute la journée à écrire des twitt emplis de haine ? Qu’est-ce que tu apportes ? Tu ne parles jamais de paix, seulement de te supporter. A un autre internaute qui lui dit qu’il espère qu’elle ne s’est pas trompée en allant en Israël, elle répond : “Tu fais la paix avec les ennemis, pas avec les amis.” Puis Macy Gray explique qu’elle s’apprête à rencontrer un député israélien. “Envoyez moi vos questions”. Ainsi, elle reçoit un message lui demandant si le député croit qu’il devrait y avoir un Etat Palestinien. Ce à quoi Macy répond “Il a dit absolument. Et qu’il veut la paix plus qu’autre chose et qu’ils travaillent dur sur le traité. Il m’a l’air bien.”. Alors là, moi je dis “chapeau l’artiste” ! L’occasion pour moi de redécouvrir Macy Gray dans ses passages de Taratata



 
Une chose est sûre, selon mes sources, elle a adorée prendre son petit déj dans le quartier super à la mode de Neve Tsedek dans le sud de Tel-Aviv. Elle a adoré les croissant du Dallal !
Jonathan-Simon Sellem – JSSNews

Les lecteurs anglophones pourront également retrouver une interview de Macy Gray sur le site du Jerusalem Post

vendredi 5 novembre 2010

C'est l'histoire d'un mec... Palestinien

Arafat, Moubarak, le roi Hussein et Chirac sont dans un petit avion. Il y a une panne, et des passagers en trop. Ils se regardent les uns les autres, trois d'entre-eux au moins doivent se sacrifier.  Qui va sauter ? Moubarak se jette de l'avion en disant "Au nom du peuple égyptien, je me sacrifie !". Hussein se jette ensuite en disant "Au nom du peuple jordanien, je me sacrifie !". Reste Chirac et Arafat. Il faut encore que quelqu'un se sacrifie. Arafat regarde Chirac et dit : "Au nom du peuple palestinien, je vais sacrifier Chirac !".Voilà l'une des blagues qu'a recueilli en Cisjordanie la réalisatrice Vanessa Rousselot pour son film "Blagues à Part", étonnant documentaire diffusé ce soir sur la chaîne Planète à 22h05.

Un film encensé par la presse et sur Internet, qui révèle une facette insolite et jusqu'ici jamais montrée des Palestiniens, loin de tous les clichés réducteurs. A la question peut-on faire de l'humour quand on vit au coeur d'un conflit, Vanessa Rousselot, 28 ans et ancienne étudiante de Langues Orientales, répond en filmant des habitants de Cisjordanie, et même de Gaza via webcam. Le résultat est sidérant et complètement décalé. On apprend ainsi que les habitants de Hebron sont les belges palestiniens, ridiculisés dans des blagues hilarantes, pour la plupart évidemment liées au conflit.

  
"Blagues à part" n'a pas encore été projeté en Israël, car il vient tout juste d'être terminé. Mais sa réalisatrice, qui a appris l'hébreu à Jerusalem, a déclaré à jewpop vouloir le montrer "en organisant des projections dans des lieux publics, mais aussi en proposant aux gens d'organiser des projections informelles chez eux, en invitant leurs voisins." ajoutant qu'elle avait "montré les toutes premières images filmées au début du projet à quelques Israéliens, qui les avaient beaucoup apprécié. Ils avaient l'air de découvrir des aspects des Palestiniens qu'ils n'auraient jamais imaginé, comme par exemple la capacité à rire d'eux-mêmes."

Jewpop a demandé à Vanessa Rousselot s'il existait un phénomène de blagues sur les Palestiniens en Israël, comme c'est le cas inverse dans les territoires occupés. "Je ne sais pas, on ne m'en a pas raconté" explique-t-elle, ajoutant que  "L'un des personnages de mon film est un anthropologue palestinien (Sharif Kanaana) qui collectionne les blagues politiques palestiniennes depuis le début de la première Intifada. Il est intéressant de constater qu'il a recueilli plus de 2000 blagues et qu'il affirme qu'il y a de nombreuses blagues sur les soldats israéliens et les checkpoints, mais aucune sur les Juifs."

"Je n'ai absolument pas vu dans les Palestiniens, un peuple de guerriers mais plutot des gens complètement épuisés, qui veulent simplement pouvoir se déplacer normalement pour vivre, travailler... " ajoute-t-elle, précisant n'avoir "rencontré personne qui souhaitait jeter les Juifs à la mer, mais seulement des gens qui veulent pouvoir vivre en paix.". Et concluant avec pessimisme que  "Sillonnant la Cisjordanie pour mes blagues, j'ai été frappée du nombre de colonies existantes. Leur présence empêche, me semble-t-il, tout espoir de voir un jour un Etat palestinien à coté d'Israël.".


A l'image de cette blague, emblématique de la situation : Trois chefs d’Etat meurent et vont au ciel, le premier, Bush, demande à Dieu « Mais alors, quand les USA seront le pays le plus puissant du monde ? » Dieu répond « Ça ne sera pas de ton vivant », Bush se met à pleurer, le deuxième, Saddam Hussein demande « Quand est-ce que l’Irak contrôlera le pétrole du monde entier ? », Dieu lui répond « Ça ne sera pas de ton vivant », Hussein pleure à son tour, et puis Yasser Arafat arrive et demande « Quand est-ce qu’on aura un Etat palestinien ? », Dieu se met alors à pleurer et dit « Ça ne sera pas de mon vivant »…

La bande annonce de "Blagues à part" : 

vendredi 29 octobre 2010

The Impossible Brief : des publicitaires tentent de résoudre le conflit israélo-palestinien !


L'agence de pub israélienne Saatchi & Saatchi Tel Aviv a réussi un joli coup de communication ! Depuis qu'elle a lancé il y a quelques mois "The Impossible Brief", un concours pour trouver des idées en vue de résoudre 60 ans de conflits entre israéliens et palestiniens, des créatifs du monde entier ont déjà proposé leurs idées, à tel point que la date limite de remise des projets a été repoussée de deux mois, se terminant finalement le 1er décembre 2010.

Le concept est simple : un "brief", dans le langage des publicitaires, est le document qui sert de base aux créatifs pour cerner la problématique du client, l'histoire de son produit et l'objectif et le ton de la communication de sa future campagne de pub. La dénomination du concours, avec le terme "impossible", prend le pari d'aller à l'encontre de ce qui se déroule sous nos yeux depuis des années. L'idée n'étant évidemment pas de charger tel ou tel de sa responsabilité dans les échecs successifs des pourparlers de paix, mais de se tourner vers l'avenir avec des solutions émanant de personnes censées avoir de l'imagination. 


Car comme le souligne Saatchi & Saatchi Tel Aviv, "plutôt que de politiques dépassées, nous avons besoin d'idées nouvelles et originales, pour montrer au monde que les esprits créatifs peuvent même inspirer les leaders politiques". Alors, juste un coup de pub d'une agence, une utopie simplette et démagogique, ou un mouvement sincère de personnes lassées de l'inertie globale entre les deux camps ? Toujours-est-il que cette initiative semble mobiliser la communauté des créatifs publicitaires et autres gens de bonne volonté, a fait parler d'elle dans la presse internationale et a été saluée par le président de l'Etat d'Israël et Prix Nobel de la Paix, Shimon Peres.

Si vous aussi avez votre petite idée sur la question, rendez-vous sur le site www.theimpossiblebrief.com, où vous disposerez de toutes les infos pour participer au concours et pourrez y déposer votre projet. Une page Facebook a été créée pour l'occasion, qui rassemble déjà plus de 2000 membres. Le jury sera composé d'un panel de publicitaires israéliens et palestiniens, et le projet gagnant sera présenté aux deux gouvernements, tandis que le lauréat sera invité à Cannes pour présenter son projet lors du "Cannes Lions International Advertising Festival 2011". Et comme le dit non sans humour l'agence qui a lancé le concours, son lauréat se verra peut-être  aussi remettre le Prix Nobel de la Paix !


Jewpop vous présente quelques propositions qui nous ont bien fait rire, telle l'idée fumeuse de faire consommer de la marijuana à tous les israéliens et palestiniens, afin de les calmer définitivement (ce qui est pourtant déjà le cas pour une bonne partie de la région, mais n'a pas pour autant fait ses preuves...).

D'autres suggèrent de mettre en scène une invasion d'extra-terrestres en Israël et dans les territoires palestiniens, provoquant ainsi une "Union sacrée" entre les deux peuples face à un ennemi commun.
L'idée d'un parc Disneyland construit dans la bande de Gaza est également évoquée, avec un ticket d'entrée réduit lorsqu'il est partagé par des israéliens et des palestiniens. L'auteur de ce "brief" concluant à juste titre qu'il faut se concentrer sur les enfants, qui écriront l'avenir de notre monde. 
Effectivement, et plus sérieusement, beaucoup de propositions se fondent sur la capacité des générations futures à réaliser ce rêve de paix. Un très beau clip a été réalisé dans cet esprit, que jewpop vous propose de découvrir ici.

WE ALL GOOD PEOPLE pt. 1 (ISRAEL/PALESTINE) from Grant Slater on Vimeo.

mardi 5 octobre 2010

Qué Bonito es Israel, tube de l'hiver !


Plus de 4 millions d'internautes ont déjà visionné sur YouTube le clip ahurissant “En tus tierras bailaré” ("Je danserai sur tes terres"), sous titré "Qué Bonito es Israel"("Israël, c'est trop bien !"). Il ne s'agit pas du dernier tube de Juanes ou d'Enrique Iglesias, mais de celui d'un all star composé de trois artistes péruviens et équatoriens célèbres dans toute l'Amérique latine. 

Wendy Sulca (14 ans, un genre de Priscilla péruvienne, mais en moins tarte), Judith Bustos, dite "La Tigresa del Oriente" (65 ans, péruvienne également, fusion admirable d'Amanda Lear et de Larusso, et icône du net avec plus de 10 millions de visiteurs pour ses clips) et enfin Delfín Hasta el Fin (sans doute traumatisé dans son enfance par le feuilleton "Flipper"), un chanteur dont le titre hommage aux victimes du 11 septembre a fait la joie des internautes et que jewpop recommande vivement à tous les amateurs de techno équatorienne.


Comment trois stars latino-américaines ont-elles eu l'idée a priori improbable de chanter un hymne à la gloire d'Israël et leur envie furieuse d'aller danser à Jérusalem sur un rythme de cumbia ? Pourquoi ce clip terriblement kitsch, que l'on dirait réalisé avec 300 centimos par un vidéaste amateur sans talent, superpose-t-il des photos d'oreilles d'Amman, ces savoureux gâteaux que les Juifs dégustent lors des fêtes de Pourim, aux chorégraphies latinesques de nos trois chanteurs ? Ne manquez d'ailleurs pas, en regardant le clip vers 1'36, le splendide pas de danse qui a contribué à la notoriété d'El Delfin : Y ahora… el pasito del Delfín !



Les réponses à ces questions nous sont données par la journaliste Irin Carmon dans le webmagazine Tablet, qui détaille la genèse de cette délirante opération de communication politico-touristico-musicale, qu'Irin Carmon baptise ironiquement "sionisme viral". A la base du projet, un publicitaire argentin juif, Gastón Cleiman (auteur des paroles de la chanson) et le créatif d'une web agency madrilène, Sebastian Muller, également juif. Tous deux obsédés par les clips de Wendy Sulca et ceux de La Tigresa, et par l'incroyable engouement suscité par ces vidéos sur YouTube. Sebastian Muller, qui a fait des études de cinéma à l'université de Tel-Aviv, concède qu'une partie des "fans" de ces artistes sur Internet se régalent du supposé mauvais goût de ces clips et les diffusent avant tout pour leur prétendue ringardise.

Leur intention de départ était de lutter contre l'image négative d'Israël, pays souvent vu comme "triste" et "effrayant" du côté latino-américain. Quelle meilleure idée que de confier cette mission à trois artistes souvent ridiculisés sur le net ? C'est l'argument qu'ils ont utilisé pour les convaincre. "Ce n'est pas juste une chanson en faveur d'Israël", explique Cleiman, "mais une chanson contre les préjugés". 

Pour réaliser leur projet, ils ont fait appel à Picky Talarico,  réalisateur réputé de films de pub et des clips de Juanes, Diego Torres et autres stars latines, et pour la musique, à Gaby Kerpel, compositeur argentin féru de musiques electroniques et membre du groupe Zizek.

Le résultat : un clip surréaliste et foutraque, une chanson tubesque, et un énorme buzz sur Internet qui redore l'image d'Israël de façon totalement illogique et décalée. Et bientôt une tournée mondiale pour le trio de chanteurs, qui passera par toute l'Amérique latine, (hormis sans doute le Venezuela d'Hugo Chavez, que le succès de cette chanson a du rendre fou de rage...), Miami, New-York, pour se conclure en... Israël, où les artistes tiennent absolument à se produire. Il ne vous reste plus qu'à regarder le clip, à danser la cumbia en chantant "Qué bonito es Israel", et à le buzzer à votre tour !


Evidemment, son succès a engendré des dizaines de parodies hilarantes, telle que celle-ci, et bien d'autres que vous pouvez voir sur YouTube

mercredi 28 juillet 2010

Marcel Avram, confessions d'un producteur de concerts sioniste

Le site de news israélien ynetnews.com publie aujourd'hui un article consacré à  Marcel Avram, l'un des 2 incontournables producteurs de concerts en Israël, avec son collègue et grand rival Shuki Weiss. Marcel Avram, né en 1938 à Bucarest, émigre en Israël avec ses parents en 1948, puis s'établit avec sa famille en Allemagne en 1954, où il fonde en 1968 sa société de production Mama Concerts. Il partage aujourd'hui sa vie entre Israël et la Suisse. Morceaux choisis d'une interview sans langue de bois d'un nabab du showbizz, réalisée par Raz Shechnik et traduite par jewpop.


"Je produis ces concerts en Israël comme si c'était une mission, avec une vision sioniste, pas seulement pour me faire du fric" explique Marcel Avram, qui a par ailleurs perdu gros sur les récents shows de Metallica et Rod Stewart, peinant à remplir le stade de Ramat Gan. Ces derniers, comme Elton John, se sont posé la question de l'annulation de leurs concerts en Israël, à la suite des événements de la flotille de Gaza. "Ma réponse a été très simple" déclare Avram "Ecoutez, je leur ai dit, Israël est un pays minuscule, toujours en lutte pour son existence. Les Arabes veulent nous jeter à la mer. Si vous voulez être à nos côtés, franchement, je serai ravi ! Sinon, je vous assure, il n'y a aucun problème" ajoutant "On dirait qu'ils ont été touchés, car ils n'ont pas annulé".


A la question "Comment expliquez-vous le choix d'Elvis Costello ?", Avram répond : "Je connais le bonhomme. Il était parfaitement au courant de la situation en Israël avant de venir jouer, de signer son contrat. Ca fait des années que ce type déteste Israël, tout en n'ayant eu aucun scrupule à se faire beaucoup de pognon ici. Mais vous savez quoi ? Je pense que ce n'est pas un si grand artiste, encore moins de renommée internationale."


Le prochain défi de Marcel Avram est la venue de Barbra Streisand en Israël, qui n'y a encore jamais chanté. Selon diverses sources provenant de l'industrie musicale, Avram aurait offert 4,5 millions de $ à l'artiste pour se produire dans le pays, mais attend toujours une réponse positive de l'interprète de "Hello, Dolly!". Avram explique que Streisand est "l'artiste la plus chère. Ce sera extrêmement difficile de la produire à Tel-Aviv et ça ne pourra se faire que dans le cadre d'une tournée européenne." ajoutant "Je l'adore ! Elle est très drôle, plus juive que vous et moi réunis, mais elle a aussi peur, très peur de chanter ici. Barbra est incapable de fournir une explication rationnelle à son angoisse, et moi non plus. C'est comme ça."


Si Marcel Avram reste optimiste sur la venue de la star américaine en Israël l'année prochaine, il souhaite également y faire venir les Rolling Stones. Mick Jagger serait d'accord, mais les autres membres du groupe seraient "souvent malades"... Pourquoi pas Muse ("Sont-ils populaires en Israël ?" demande-t-il au journaliste, ajoutant "Je vais vérifier, mais je pense que c'est faisable."), et U2, dès que Bono, opéré du dos en mai, sera rétabli. A 72 ans, Marcel Avram se souhaite encore 25 ans d'une vie déjà bien remplie, avant de rejoindre son ami Michael Jackson, dont il produisit la première tournée mondiale avec les Jackson 5, en 1972.

jeudi 10 juin 2010

Le projet d'émission de télé-réalité réunissant 12 jeunes israéliens et palestiniens verra-t-il jour ?

Ce matin, Jean-Marc Morandini, reprenant les informations du quotidien La Provence, relatait sur l'antenne d'Europe 1 le formidable projet initié par le producteur et réalisateur Mohamed Ulad, co-écrit avec la philosophe franco-israélienne Sophie Nordmann. L'idée : faire vivre ensemble, dans une maison située près de Marseille et sous l'oeil de caméras, 12 jeunes israéliens et palestiniens âgés de 19 ans, représentatifs socialement et politiquement des deux sociétés.

Nulle tentative de créer ici un Loft-Story d'encore plus mauvais goût (pas de piscine où jouer à "ma flottille dans ton blocus"), mais une véritable expérience civique et pédagogique, où les 12 participants, encadrés par des "parrains" israéliens et palestiniens présents pour leur donner des repères historiques et politiques, tenteraient de se délester de leurs préjugés en vivant 3 semaines sous un toit commun, sans obligation aucune (désolé pour les téléspectateurs, mais pas de douches torrides en perspective).



Le but de chaque épisode, scénarisé, étant d'amener les participants à réaliser ensemble des activités culturelles et sportives, et d'aborder les sujets du conflit pour arriver, dans le meilleur des cas, à négocier un "accord de paix" (le titre de l'émission : "Les Accords de Marseille"). Une démarche ludique et très symbolique, qui présente l'originalité de mettre spectateurs et protagonistes au même niveau, pour mieux comprendre les problématiques du conflit.


Ce projet devait être produit par France télévisions, tourné d'ici le mois de septembre sur l'île du Frioul et diffusé sur France 5. Mais le blog de Jean-Marc Morandini vient d'annoncer, quelques heures seulement après son interview de Mohamed Ulad, que France Télévisions, "pour des raisons de durée et de financement, n'a pas souhaité donner suite à ce projet en développement"...


Espérons qu'une autre chaîne aura plus de courage et prendra le relais de cette belle initiative, qui permettrait sans aucun doute une meilleure compréhension des antagonismes, et peut-être de montrer qu'il sera possible pour ces jeunes israéliens et palestiniens, un jour prochain, de "vivre ensemble", selon les voeux des auteurs du projet.

mardi 8 juin 2010

Devine qui va jouer (ou pas) en Israël ?


D'un côté, Placebo, Elton John, Metallica, Rihanna, Rod Stewart, Joan Armatrading, Kool and The Gang... De l'autre, Carlos Santana, Gil Scott-Heron, Elvis Costello, Gorillaz, The Pixies et The Klaxons. Les premiers se produiront ou se sont récemment produits en concert en Israël, les seconds ont décidé d'annuler leurs prestations. Certains motivant clairement leur décision, d'autres ayant cédé à la pression d'associations militantes pro-palestiniennes, ou, plus hypocritement, arguant de problèmes de logistique. Etonnante démarche, comme si les artistes en question découvraient soudainement et avec effroi la situation dans la bande de Gaza.

Ce boycott culturel, qui assimile tous les israéliens à leur gouvernement, dénie aux citoyens israéliens le droit à un échange culturel en raison de leur nationalité, et surtout, en raison de leur supposé soutien politique au gouvernement actuel. Qui dit élection démocratique dirait donc soutien inconditionnel à la majorité en place. Dans cette logique stupide, les boycotteurs nient totalement un élément fondamental de la société israélienne : la diversité des partis et des opinions, unique en son genre dans la région.

Il suffit pourtant de parcourir la presse et les blogs israéliens pour voir que le débat est constant sur la politique du pays vis-à-vis des Palestiniens. Débat auquel contribue évidemment, et avec vivacité, la sphère culturelle israélienne, tant dans les domaines de la musique, du cinéma, de la littérature, que par le biais de l'humour. Et avec une force critique inouïe, à l'image de voix aussi respectées dans le pays que celles des écrivains David Grossman et Amos Oz, ou grâce à des comédiens aussi populaires que les auteurs du show tv Eretz Nehederet, qui ridiculisent le gouvernement et les personnalités politiques, suivis chaque semaine par plus de 2 millions de téléspectateurs israéliens.


Ceux qui condamnent le blocus de Gaza en arguant qu'Israël ne peut punir collectivement la population palestinienne parce qu'elle est dirigée par le Hamas, n'ont pas les mêmes scrupules à prôner une punition collective vis-à-vis des fans de musique israéliens. Certes, les enjeux matériels ne sont pas les mêmes, mais la démarche reste identique, contre-productive et inique. Jusqu'à preuve du contraire, la culture a toujours été une source de dialogue et de rencontre, pas une arme de chantage politique.


Les artistes qui ne se rendront pas en Israël, iront-ils jusqu'au bout de leurs actions et de leur logique implacable ? A savoir refuser de percevoir des royautés provenant de la vente de leurs albums en Israël, et des droits d'auteur provenant de la diffusion de leurs musiques sur les tv et radios israéliennes, cela depuis qu'a été mis en place le blocus de Gaza ? Pas sûr... Quant à Madame Elvis Costello, visiblement, ses opinions politiques diffèrent de celles de son mari. Le public israélien applaudira en août la pianiste et chanteuse de jazz Diana Krall. Scènes de ménage en perspective ?

jeudi 3 juin 2010

Le récit impossible, le conflit israélo-palestinien et les médias

Dans un remarquable article intitulé "Le conflit israélo-palestinien rend-il aveugle ?"publié le 24 avril 2010 dans Le Monde , l'historien et sociologue des médias Jérôme Bourdon revient sur l'inévitable partialité du traitement du conflit par les médias, expliquant que "Dans un débat, la première ligne d’un article permet de prévoir avec exactitude tout le reste (qu’il soit pro ou anti-Israélien), on comprend que le besoin de croire, qu’il s’agisse d’idéaliser ou de diaboliser les uns ou les autres, compte plus que le besoin de comprendre.".

Paradoxe de l'histoire, quelques semaines plus tard, le traitement dans les médias des événements liés à la "Flottille de Gaza" ne fait que renforcer la brillante analyse de Jérôme Bourdon, qui enseigne à l'Université de Tel-Aviv et vit en Israël depuis 12 ans.

Tous ceux qui souhaitent disposer d'une lecture avertie de la situation liront avec intérêt le livre publié en 2009 par l'historien, "Le récit impossible, le conflit israélo-palestinien et les médias" (INA / éditions de Boeck). Un ouvrage qui ne modifiera évidemment pas la perception des personnes convaincues ni du public militant, tant côté pro-israélien que pro-palestinien, mais qui, de manière très objective, démontre l'influence de plus en plus cruciale des médias sur le conflit. Et la frontière, de plus en plus ténue, entre journalisme et militantisme, dès lors qu'est abordé le sujet.

mercredi 7 avril 2010

Hirbat-Hiza, récit indispensable de la littérature israélienne.

"Il y a une partie de Yizhar dans chaque auteur qui est venu après lui, " dit Amos Oz de Yizhar Smilansky (1916-2006), également présenté par Shimon Peres comme "le plus grand écrivain du jeune Etat d'Israël". Dans sa nouvelle "Hirbat-Hiza", écrite en 1949 et rééditée récemment par les éditions Galaade, S.Yizhar (son pseudonyme) décrit dans une langue d'une rare puissance, alternant lyrisme poétique et violence crue, l'expulsion des familles d'un village palestinien dans les dernières semaines de la guerre de 1948, vue des yeux d'un combattant juif.

Yizhar était alors officier de la jeune armée israélienne. Il a écrit sur ce qu'il a observé et ressenti, livrant un récit poignant que l'auteur de la postface de l'ouvrage, l'écrivain et professeur à l'Université de Jérusalem David Shulman, qualifie de "texte canonique, chef d'oeuvre de prose en hébreu moderne". Et qui, malgré son sujet polémique, fait partie intégrante ("théoriquement", selon Shulman) du programme des lycées israéliens. 


Après la guerre d'Indépendance, Yizhar Smilansky entre en politique aux côtés de Ben Gourion, siège 17 ans à la Knesset et reçoit les plus prestigieux prix couronnant un auteur israélien. L'adaptation de "Hirbat-Hiza" pour la tv israélienne par le réalisateur Ram Loewy, en 1978, causa alors un véritable scandale, certains n'hésitant pas à qualifier l'écrivain de traître... Plus de 60 ans après sa parution, cette émouvante nouvelle reste d'une terrible actualité.

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En 1949, l' année même où Yizhar Smilansky écrit son récit, un ex-soldat de l'armée britannique, Bernard Beecham, visite le jeune Etat et filme d'extraordinaires images en couleur du pays, sans doute les seules connues à ce jour. Merci à Maryline Medioni, directrice de la publication de l'excellent magazine Vision d'Israël , de nous les avoir fait découvrir. Elles sont extraites d'un documentaire réalisé en 1996 par Sir Martin Gilbert intitulé "Israel, Birth of a Nation" (dvd disponible sur Amazon.com, 18, 49$).

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