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mardi 26 juillet 2011

FaceGlat, le Facebook juif qui sépare les hommes et les femmes


Mandy a 321 amis. Sa femme, Chaya, a 321 amies. Combien de nouveaux couples sont-ils capables de former sur FaceGlat, le nouveau réseau social haredi ? Aucun, car ils n'ont pas la permission de se rencontrer. Ce que Mark Zuckerberg n'avait pas imaginé dans ses délires les plus fous, Yaakov Swisa, un juif ultra-orthodoxe originaire de Kfar Chabad, en Israël, l'a fait : créer un réseau social séparant les hommes et les femmes, comme à la synagogue. Celles-ci sont priées de s'inscrire à gauche de la homepage du site, les hommes à droite.

Le site, lancé récemment, comprend un système de filtre lexical, qui supprime tout commentaire ou statut désapprouvé par les utilisateurs, ainsi qu'un système permettant de bloquer les comptes ouverts par les hommes dans la section réservée aux femmes (et inversement). De futurs développements sont prévus pour prévenir toute usurpation d'identité, ainsi qu'une mystérieuse "Mikveh room" (la pièce du bain rituel), ouverte aux nouvelles les plus "hot" (selon les critères du manager de FaceGlat).


Yaakov Swisa explique que ses motivations sont d'ordre idéologiques plutôt que financières, bien qu'il serait ravi de réaliser un retour sur investissement après les longues heures de travail passées à développer FaceGlat. Plusieurs centaines de comptes ont été ouverts depuis la création du site, et une centaine environ se créent quotidiennement. Le manager de FaceGlat est "convaincu qu'il est plus pratique pour un juif orthodoxe de publier des photos, et tous type de contenus, à des gens du même sexe uniquement", expliquant que "les personnes qui vivent dans la crainte de Dieu, et se préoccupent de l'éducation de leurs enfants, ne peuvent tolérer les photos et publicités visibles sur Facebook", ajoutant qu'il "connaît personnellement des gens qui ont été détruits spirituellement par ce qu'ils ont vu sur le réseau social". 


Le créateur de FaceGlat insiste sur le fait qu'il n'y a "aucune contrainte religieuse" sur le site, dont les conditions d'utilisation pourront évoluer, Yaakov Swisa se réservant le droit de les modifier si le réseau social devait générer des "activités nuisibles", selon ses propres critères. "Nous ne réalisons pas un réseau social casher", poursuit Swisa, "mais limitons les interdits". Il souhaite "apporter une proposition différente, plus conforme aux lois religieuses, à ceux qui sont déjà sur Facebook". "Mais", ajoute-t-il, " si cela devait encourager les gens à perdre leur temps au lieu d'étudier la Torah, ce serait un échec. En ce cas, je me suis promis de fermer le site".

Enfin, pourquoi un mari ne pourrait-il se connecter avec sa femme sur FaceGlat ? Réponse de Yaakov Swisa : "Nous avons réfléchi à cette option, permettant les liens entre hommes et femmes d'une même famille, mais avons eu peur que cela conduise à des situations d'usurpation d'identité". "Finalement", conclut-il, "nous avons pensé qu'il était plus sûr que les couples se rencontrent chez eux, sur le canapé de leur salon".

Alain Granat, traduit de l'anglais d'après un article de Kobi Nahshoni publié sur ynetnews.com

vendredi 10 juin 2011

Kaboul, la ville où l'on peut manger un kebab dans une synagogue.


Une histoire juive dans toute sa splendeur, avec une synagogue, des disputes, c'est bien celle de Zebulon Simentov, le dernier des juifs de Kaboul, capitale de l'Afghanistan. La majorité des juifs afghans, dont l'origine remonterait à l'exil babylonien, ont émigré aux USA et en Israël, où leur nombre est estimé à une dizaine de milliers, les dernières familles juives, environ 300 personnes, ayant quitté Kaboul lors de l'invasion soviétique en 1979. En 2004, il restait 2 Juifs dans la capitale : Zebulon Simentov, alors âgé de 45 ans, et Isaac Levy, 79 ans. 

  
Le premier vendait des tapis, le second mendiait. Leur histoire, tragi-comique, inspirera même l'auteur d'une pièce de théâtre montée à New-York, intitulée "Les deux derniers Juifs de Kaboul",  mettant en scène la querelle qui anima les deux hommes. Deux Juifs qui se disputent la charge de l'unique synagogue de la ville, son titre de propriété et sa Torah, chacun accusant l'autre d'imposture. Mal leur en prendra de s'en remettre aux autorités de l'époque, les Talibans les envoyant tous deux en prison, en profitant pour voler la Torah, jamais retrouvée depuis. Avec le décès d'Isaac Levy en 2005, faute de combattant, Zebulon Simentov devient le dernier Juif de Kaboul, dépositaire de la tradition et définitivement propriétaire de la shul tant convoitée.


Le petit bâtiment, comportant un étage, est situé dans une rue commerçante de la ville et porte à son fronton un treillage de Magen David entrelacées. Au rez-de-chaussée, où priaient jadis les fidèles, Zebulon, en manque d'argent, a loué la surface à Ahmad, un restaurateur qui propose des kebabs au menu et a joliment redécoré l'endroit avec une peinture murale représentant La Mecque. Ahmad dit s'entendre à merveille avec son ami juif Zebulon,  très apprécié du voisinage pour son penchant pour le whisky, denrée chère, prohibée et fort rare dans la ville.  Zebulon vit dans la petite pièce du premier étage faisant désormais office de logement et de synagogue, où il reçoit les rares visiteurs juifs de passage à Kaboul. Agé aujourd'hui de 52 ans, il n'envisage toujours pas de rejoindre sa femme et ses deux filles installées en Israël depuis plus de dix ans. A un journaliste venu l'interviewer récemment et lui demandant s'il n'avait pas l'intention de les retrouver, Simentov a répondu "Aller en Israël ? Mais qu'est-ce que je ferais comme affaires là-bas ? Pourquoi devrais-je quitter Kaboul ?". La seule ville au monde où l'on peut manger un kebab dans une shul.

Alain Granat, d'après un article publié par Reuters
Une interview de Zebulon Simentov pour CNN

mardi 17 mai 2011

San Francisco bientôt coupé du monde ?


Connaissez-vous les "Intactivistes" ? C'est ainsi que se sont baptisés les militants américains anti-circoncision, qui s'apprêtent à soumettre aux autorités de la ville de San Francisco un  texte de loi visant à interdire la circoncision avant l'âge de 18 ans. Une pétition ayant déjà recueilli plus de 12 000 signatures leur permet, selon les règles électorales en vigueur en Californie, de faire soumettre à référendum cette proposition devant les électeurs de la ville, qui voteront en novembre prochain pour ou contre la circoncision. En cas d'adoption du texte, les peines encourues pour non respect de la loi seraient de 1000$ d'amende et jusqu'à un an de prison !



Si les organisations juives et musulmanes font évidemment campagne contre ce texte et veulent intensifier leur mouvement auprès des communautés asiatiques et hispaniques, les opposants aux Intactivistes estiment qu'en cas de succès du référendum, la loi serait de toute façon annulée par la Cour Suprême, puisqu'elle violerait le principe de liberté du culte inscrit dans la Constitution américaine. Alors que le débat fait rage, jusqu'au sein de la communauté juive américaine, où selon des statistiques récentes, de plus en plus de juifs libéraux (selon la dénomination américaine) ne pratiquent plus la circoncision, le leader des militants anti-circoncision se réjouit d'avoir mis sur la table un sujet qu'il qualifie de "tabou", dans un pays où plus de 65% des enfants mâles sont circoncis.


Nonobstant les études relatives aux diminutions des risques de transmission du Sida réalisées en Afrique sur des sujets circoncis, les Intactivistes affirment que l'opération provoque des risques pour la santé, diminue les capacités sexuelles et surtout estiment que cela relève d'un choix personnel, non de celui imposé à l'enfant par ses parents. Un débat qui n'est pas limité aux Etats-Unis, puisque le Conseil d'Ethique médical norvégien a demandé l'année dernière l'interdiction totale (hors raisons médiales) de la circoncision dans le pays. Le gouvernement n'avait pas donné suite, mais la proposition revient aujourd'hui par la voix du Médiateur officiel norvégien, au grand dam de la communauté juive locale. En France, peu de risques de voir un gouvernement trancher la question, définitivement sensible.

Alain Granat

Jewpop vous recommande vivement "La Lamentation du prépuce", hilarant roman de Shalom Auslander lié au sujet, ainsi que le remarquable ouvrage de Patrick Banon, "La Circoncision, enquête sur un rite fondateur"(In Folio), que vous pouvez commander sur Amazon.fr (22,80€)


jeudi 2 septembre 2010

Shul on line

Prier devant son écran d'ordinateur ou son iPhone en connexion avec des internautes juifs du monde entier n'est pas une utopie, mais  une nouvelle tendance qui se dessine aux USA. Sue Fishkoff, journaliste et auteur de "Kosher Nation", décrypte ce phénomène dans un excellent  article publié sur le site JTA (Jewish Telegraphic Agency), dont jewpop vous livre quelques extraits. Bienvenue dans le monde merveilleux des web-rabbins et des e-fidèles.


Rabbins blogueurs, enseignants de yeshivas adeptes de Twitter, applis iPhone et autres innombrables groupes Facebook dédiés aux diverses facettes de la religion juive... La toile de David se porte bien. Mais une nouvelle étape étonnante vient d'être franchie à l'initiative de jeunes juifs américains issus de l'univers libéral, avec la création de communautés religieuses on line animées grâce à toutes les technologies du web.


"C'est un avant-goût du futur" déclare Laura Baum, rabbin de 30 ans recrutée  en 2008 par la synagogue libérale Beth Adam de Cincinnati, dans le but de créer et  d'animer la communauté virtuelle OurJewishCommunity. Avec la participation du rabbin de la synagogue, Robert Barr, la jeune femme a lancé avec succès de nombreux projets : streaming en direct live de l'office du soir de Shabbat, publication d'un podcast hebdomadaire sur iTunes, interaction avec les e-fidèles via Twitter et Facebook, prodiguant sur Internet les conseils qu'un rabbin donne habituellement de vive voix à ses ouailles.  

"Lors du Seder de Pessah de l'année passée, un internaute parisien a lu un passage de la Haggadah consacré à la matza, tandis qu'un new-yorkais lisait celui concernant le maror" raconte le rabbin Baum, ajoutant que pour le service de Yizkor de Yom Kippour, "de nombreux membres de OurJewishCommunity ont envoyé les noms et photos de leurs parents", qu'elle a diffusé en flux de streaming. "Depuis 2 ans, ces initiatives ont rassemblé des dizaines de milliers de Juifs originaires de plus de 150 pays", se réjouit le rabbin Baum.

Du côté d'Atlanta, Patrick Aleph et Michael Sabani, créateurs du site Punk Torah, ont déjà à leur actif la publication sur Youtube de nombreux et savoureux D'var Torah. Le 17 août, les deux leaders de Punk Torah ont lancé un appel afin de recueillir en 60 jours la somme de 5000$, nécessaire pour développer leur ambitieux projet de communauté virtuelle, OneShul. "Nous voulons construire quelque chose qui servira efficacement le plus de monde possible, avec le moins d'argent possible" déclare Michael Sabani. Plusieurs milliers d'internautes suivraient déjà leurs offices diffusés les lundi, mercredi et vendredi.

Ce concept audacieux de "do-it-yourself Judaism", comme le nomme Sabani, n'est certes pas appelé à remplacer les modèles traditionnels de l'environnement "physique" de la synagogue, du rabbin et de sa communauté. Mais comme le rappelle Shawn Launders, fondateur de Jumpstart, incubateur de projets innovants dédiés au judaïsme, "Ces communautés n'existeraient pas si elles ne répondaient à un besoin croissant".

Remarquant que l'un des défis auquel doivent faire face ces nouvelles communautés (tout comme les traditionnelles) est celui de la réunion d'un minyan (quorum de 10 hommes nécessaire pour célébrer l'office), Launders explique qu' "à l'heure de Skype et des webcams, les échanges se trouvent métamorphosés, et qui peut encore dire ce qu'être réunis signifie aujourd'hui ?".

Shawn Landres raconte sa réunion sur Skype, peu après le décès de son père, où les participants décidèrent de faire une pause pour  la prière de Minha. Ils l'invitèrent à réciter le Kaddish. "J'étais dans mon salon, en pyjama", explique Landres, "Ce fut une expérience extraordinaire ! J'ai profondément ressenti ce sentiment d'appartenance à une communauté et cette connexion avec les participants. Jamais je ne dirai que c'était irréel, que Dieu n'a pas entendu cette prière. Peut-être devons nous réviser notre conception de la réalité".

Si ces projets semblent promis à un bel avenir aux Etats-Unis, où les mouvements libéraux restent particulièrement créatifs, le terrain est encore vierge du côté du judaïsme francophone... De quoi donner des idées à tous ceux qui auraient un peu de mal avec l'accent hébreu made in USA.





jeudi 11 février 2010

La lamentation du prépuce

 

Couronné par le prix Indiana 2010 décerné par les blogueurs littéraires, ce premier roman de Shalom Auslander, jeune écrivain américain, est une charge hilarante et d'une rare férocité contre le milieu juif ultra-orthodoxe, et contre Dieu en général.

Shalom et Orli, couple de trentenaires, attendent leur premier enfant. Si Shalom est angoissé par cette situation, ce n'est pas tant à cause de son statut de futur père que par la perspective de la circoncision. Traumatisé par son éducation, où la crainte de Dieu et de ses châtiments est omniprésente, Shalom, enfant puis adolescent, enfreint toutes les règles pour le mettre au défi. Gavages de hot dogs, lectures pornos, joints, sexe avec des shikse, tout y passe. Et jamais rien ne se passe. Entre révolte et paranoïa aigüe, La lamentation du prépuce (édition poche 10/18, domaine étranger) fait se succéder scènes à se tordre de rire et réflexions intenses sur les questions de l'identité, des liens familiaux et de ce que l'auteur nomme "maltraitance spirituelle", qui pourrait s'appliquer à n'importe quelle religion ou dogme.

Iconoclaste et blasphématoire, cette autobiographie romancée (remarquablement traduite par Bernard Cohen, traducteur attitré des ouvrages de Douglas Kennedy) est à ne pas mettre entre toutes les mains. Mais elle ravira à coup sûr tous les fans de Philip Roth, Woody Allen et Chaïm Potok, en quête de rire.

Le site de l'auteur : Shalomauslander.com/

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