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mercredi 26 janvier 2011

Serge et Beate Klarsfeld, Love Story


Il est des couples qui font rêver. Celui de Serge et Beate Klarsfeld défie les normes, tant par leur passé familial a priori totalement incompatible, que par leur destin (hors du) commun. La réalisatrice Elisabeth Lenchener, qui a consacré par le passé trois documentaires aux époux Klarsfeld et à leur fils Arno, s'attache, avec son nouveau film "Serge et Beate Klarsfeld, guérilleros de la mémoire", diffusé vendredi 28 janvier à 20h35 sur France 5 dans le cadre de la collection "Empreintes", à décrypter avec sensibilité l'indéfectible lien amoureux qui unit l'avocat et son épouse, en nous faisant découvrir comment leur vie sentimentale et familiale s'est bâtie en parallèle à leurs actions d'éclat, et à leur inlassable travail de justice.


Si ce beau documentaire rappelle à ceux qui ne connaîtraient pas l'histoire des Klarsfeld quelques faits marquants, comme la célèbre gifle assenée au chancelier allemand Kiesinger en 1968 par Beate, qui rendra célèbre la jeune traqueuse de nazis, c'est surtout l'angle choisi par la réalisatrice qui retiendra l'attention. On apprend ainsi que pour Serge Klarsfeld, le jeune couple, foudroyé par l'amour sur un quai de metro parisien en 1960 comme dans un bon film de Lelouch, "n'avait pas la moindre ambition, sinon d'être heureux" !


Elisabeth Lenchener nous fait ainsi découvrir le fonctionnement de ce couple et de leurs enfants Arno et Lida, leur amour des animaux, le quotidien de ces héros modernes, qui déclarent "Si nous n'avions pas fait ce qu'on a fait, ce ne serait pas tellement drôle d'être vieux. L'idéal serait de mourir ensemble". Une splendide leçon de vie, de morale, d'histoire, et surtout d'amour.



1ère diffusion : vendredi 28 janvier à 20h35 sur France 5
2ème diffusion : dimanche 30 janvier à 7h50 France 5 (durée 52')


A propos de la réalisatrice : Elisabeth Lenchener a notamment organisé le premier festival de cinéma juif à l'Olympic (Paris, 1978), avant d'acquérir les droits de plusieurs films yiddish, dont Le Dibbouk, qu'elle distribuera en 1981 et fera diffuser sur France 2 et Arte. Elle a écrit et produit plusieurs documentaires sur les Falachas, produit et réalisé des films tels que "L'Histoire des Klarsfeld", "Claude Olievenstein, la drogue et la vie", ou encore "Bernard Kouchner, ce que je crois".

mardi 9 février 2010

"Algérie, histoires à ne pas dire", un documentaire rare de Jean-Pierre Lledo

Algérie : un mot qui laisse très peu de citoyens français indifférents, même si ce qu'il évoque varie considérablement selon le vécu de chacun, et n'a souvent que peu de rapport avec la réalité. Il est là-bas, en effet, des "histoires à ne pas dire". Pour preuve, ce documentaire tourné sur place, à Skida, Alger et Oran, a été interdit dans le pays qu'il évoque sans fards, à travers des témoignages tout en nuances. 

Dans ce documentaire rare, Jean-Pierre Lledo, cinéaste algérien, juif par sa mère et pied-noir d'origine espagnole par son père, exilé depuis 93 pour cause de menaces islamistes, montre une réalité connue de manière parcellaire ici, occultée ou réécrite en Algérie même. Il la restitue dans sa complexité, évoquant passé et présent. Et peu à peu, des massacres perpétrés contre pieds-noirs ou Juifs sont dévoilés, massacres auxquels répondaient parfois des représailles souvent sanglantes elles aussi. Ainsi, celui perpétré au Petit Lac, décharge publique d'un quartier d'Oran (voir photo), qui fit des centaines de victimes parmi la population non-musulmane, et a été présenté comme une réaction à des tirs de l'OAS le jour de l'indépendance. Avec sans doute pour but de provoquer  le départ de ceux d'entre eux qui auraient encore voulu rester, pour construire une Algérie totalement "algérienne", c'est-à-dire musulmane.


Et, au fil des entretiens, se dessinent des rapports souvent bien loin des clichés colons / colonisés. On perçoit ce vide, laissé par ces camarades différents mais souvent proches, contraints à fuir et dont des Algériens d'aujourd'hui parlent avec nostalgie. Un des exemples flagrants de cette réécriture de l'histoire apparaît dans la séquence Constantine, où J.P. Lledo montre comment l'existence de Raymond Leyris, ce cheikh Raymond si renommé, assassiné en 1961, a été effacée de l'histoire de la ville. Sur un mural de faïence montrant les plus célèbres artistes de la musique arabo-andalouse, cheikh Raymond n'apparaît pas. La volonté de gommer tout ce qui n'est pas musulman est évidente, assortie de remarques antisémites.

On mesure tout ce qu'a perdu l'Algérie en chassant Juifs et pied-noirs qui auraient voulu rester. Un déchirement pour tous. Le documentaire "Algérie, histoires à ne pas dire " offre deux heures quarante d'une grande densité.

Hélène Keller-Lind


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