mardi 17 mai 2011

San Francisco bientôt coupé du monde ?


Connaissez-vous les "Intactivistes" ? C'est ainsi que se sont baptisés les militants américains anti-circoncision, qui s'apprêtent à soumettre aux autorités de la ville de San Francisco un  texte de loi visant à interdire la circoncision avant l'âge de 18 ans. Une pétition ayant déjà recueilli plus de 12 000 signatures leur permet, selon les règles électorales en vigueur en Californie, de faire soumettre à référendum cette proposition devant les électeurs de la ville, qui voteront en novembre prochain pour ou contre la circoncision. En cas d'adoption du texte, les peines encourues pour non respect de la loi seraient de 1000$ d'amende et jusqu'à un an de prison !



Si les organisations juives et musulmanes font évidemment campagne contre ce texte et veulent intensifier leur mouvement auprès des communautés asiatiques et hispaniques, les opposants aux Intactivistes estiment qu'en cas de succès du référendum, la loi serait de toute façon annulée par la Cour Suprême, puisqu'elle violerait le principe de liberté du culte inscrit dans la Constitution américaine. Alors que le débat fait rage, jusqu'au sein de la communauté juive américaine, où selon des statistiques récentes, de plus en plus de juifs libéraux (selon la dénomination américaine) ne pratiquent plus la circoncision, le leader des militants anti-circoncision se réjouit d'avoir mis sur la table un sujet qu'il qualifie de "tabou", dans un pays où plus de 65% des enfants mâles sont circoncis.


Nonobstant les études relatives aux diminutions des risques de transmission du Sida réalisées en Afrique sur des sujets circoncis, les Intactivistes affirment que l'opération provoque des risques pour la santé, diminue les capacités sexuelles et surtout estiment que cela relève d'un choix personnel, non de celui imposé à l'enfant par ses parents. Un débat qui n'est pas limité aux Etats-Unis, puisque le Conseil d'Ethique médical norvégien a demandé l'année dernière l'interdiction totale (hors raisons médiales) de la circoncision dans le pays. Le gouvernement n'avait pas donné suite, mais la proposition revient aujourd'hui par la voix du Médiateur officiel norvégien, au grand dam de la communauté juive locale. En France, peu de risques de voir un gouvernement trancher la question, définitivement sensible.

Alain Granat

Jewpop vous recommande vivement "La Lamentation du prépuce", hilarant roman de Shalom Auslander lié au sujet, ainsi que le remarquable ouvrage de Patrick Banon, "La Circoncision, enquête sur un rite fondateur"(In Folio), que vous pouvez commander sur Amazon.fr (22,80€)


mercredi 11 mai 2011

Des shampooings bio de la Mer Morte au poil !




Les propriétaires de chiens ne reculent vraiment devant aucun sacrifice pour que leurs animaux chéris aient le pelage le plus doux et soyeux possible. Avec le succès grandissant des produits de soins issus de la Mer Morte, la société de cosmétique israélienne Minerals s'est diversifiée sur le marché canin, développant la ligne "Mystic Sea" destinée aux chiens, dont les ingrédients principaux sont évidemment le sel et la boue de la Mer Morte, à "l'action aussi bénéfique pour le pelage que pour la peau".

Selon Jonathan Ravallec, directeur de La Pet Avenue première boutique en ligne  française "entièrement dédiée au bien-être des chiens, des chats, des rongeurs et des furets", "Nos clients utilisent pour leur propre usage des produits Bio à base d’Argan ou de sel de la Mer Morte. Ils veulent également pour leurs chiens des produits de qualité, faits à base de produits naturels". Ceux de la gamme Mystic Sea ont été "cliniquement testés par des vétérinaires. Ils sont tous hypoallergéniques et faits à base d'ingrédients naturels, ont tous un PH compatible avec la peau du chien et sont sans paraben". Wouf !

Mystic Sea propose des shampooings pour poils longs, pour chiots, antiparasitaires et le shampooing à usage fréquent pour tous les types de pelage, mais également la crème de beauté qui "régénère le poil et lui restitue force et brillance en à peine quelques applications". On apprend par ailleurs, en se rendant sur le site de Pet Avenue, qu'avec le shampooing minéral pour chiots, "le rite du bain de votre chien se transformera en un véritable moment de Spa", ou encore que le "Masque Mud" , "masque au doux parfum de melon et concombre, vous donne un résultat immédiat lumineux" !


Mais pour offrir un vrai massage à la boue de la Mer Morte à votre toutou, il faudra vous rendre à Tokyo, où le salon d'esthétique canine Jennie's propose un soin pour la modique somme de 10 000 yens (86€), prix proposé pour les "petits chiens".  Si votre animal de compagnie est plus proche du pittbull, comptez le triple. Quand on aime, on ne compte pas.

Alain Granat

mardi 10 mai 2011

Faille, d'Albert Bensoussan


Jewpop remercie l'écrivain Cathie Fidler, auteur du recueil de nouvelles "Histoires floues" (Edilivre) dont nous nous sommes fait l'écho, de nous faire partager cette très belle chronique, publiée sur son blog "Gratitude".  


Ce livre d’une soixantaine de pages prouve que le poids des feuillets n’est rien comparé à la charge du séisme émotionnel qu’il provoque chez le lecteur, et en l’occurrence, la lectrice. Il y est question, très simplement résumé, de l’accompagnement par un homme, jour après jour, de sa femme atteinte d’une maladie dégénérative incurable. Le sujet a de quoi faire fuir, me direz-vous. Être confronté à la souffrance d’autrui, personne n’a envie de cela, quand le quotidien ordinaire est déjà si difficile à affronter pour ceux qui sont en bonne santé ! 

Et pourtant, c’est là qu’intervient la vraie littérature. Cet art qui transforme l’horreur en beauté, le sordide en tragédie ; qui fait d’une expérience individuelle quelque chose de l’ordre de l’universel, qui résonnera pour chacun et chacune d’entre nous de manière très personnelle, voire intime. Albert Bensoussan est un génie des mots, et du cheminement de la pensée. Il est fascinant, autant qu’émouvant, d’en suivre la piste à travers le temps et l’espace. Son récit - qui donne tout son sens au terme d’autofiction - nous entraîne en une succession d’échos, d’une fin de vie à une mort, mais aussi, d’une vie à une autre, sur les traces de l’amour. 

Dans ce petit livre, il dit tout : Le chagrin de la perte, les prémices de la passion, son déroulement, et la jalousie qu’elle suscite ; la joie d’observer le ventre d’une jeune femme enceinte, le souvenir heureux des moments de soleil, et de musique ; la force de la tradition hébraïque, et sa place dans la vie d’un homme ; l’exil, l’enracinement ; la déchéance. Sol y sombra. Tout y est, dans un désordre parfait. Sur fond de « maison de vie dernière » (pour ne pas parler de dernière demeure) et de soins quasi-palliatifs, de détails poignants de réalisme, et de larmes bues, Albert Bensoussan nous parle de ce qui nous touche tous, sans jamais tirer sur les ficelles du pathos. C’est douloureux, comme peut l’être le souvenir d’un bonheur évanoui, mais si puissant !

Et puis, il y a cette note (involontairement ?) rassurante pour nous autres femmes : Celle qu’il aime, et à qui jusqu’au bout, il prouvera son amour, l’a trompé. Mais pas comme vous le comprenez. C’est sur son âge que Maria Elena lui a menti, et elle ne l’avouera que très tardivement ! Pendant des années, le héros a passionnément aimé une femme bien plus âgée que lui. Quel réconfort pour toutes les femmes que le monde contemporain assassine une fois la trentaine passée, de se voir assurer que l’esprit et la séduction n’ont pas d’âge ! (Même si, je l’avoue, je n’en doutais pas vraiment en regardant autour de moi !) Et aussi, on est renversée : Est-il vrai qu’un homme peut aimer à ce point ? Ne pas s’échapper dès la première fuite, ne pas se dérober quand l’esprit et la mémoire flanchent, ne pas renoncer quand la chair faiblit ? Au point d’accomplir les tâches les plus humbles, soulager, nettoyer…. ? C’est ici rendu aussi beau et digne que convaincant. 

Ultime délicatesse : dans son récit, Albert Bensoussan insère des paragraphes entiers d’un texte écrit, il y a bien longtemps, par sa propre épouse, Matilda et qu’il a fait publier en même temps que FAILLE. Ce livre s’appelle LA CÉSURE. Il raconte le moment où le destin d’une femme a basculé d’une mort virtuelle vers la vie réelle grâce à des circonstances en apparence létales. Le passage soudain du statut d’épouse ligotée à celui de femme libre y est photographié, avec une étonnante alternance de distances focales, et rendu dans un noir et blanc tout en nuances. Les textes s’entremêlent dans FAILLE comme les jambes de deux amants, en un ballet étrange et lancinant. Le héros de FAILLE a été pour l’héroïne « le cadeau de sa quarantaine » ; et elle, on l’a compris, le cadeau d’une vie. Pour les lecteurs d’Albert Bensoussan, ce livre est un cadeau, tout court. 

Cathie Fidler 


Albert Bensoussan a publié en 2010 « BELLES ET BEAUX » aux Éditions Al Manar, ainsi qu’une biographie de Federico Garcia Lorca, chez Gallimard - et bien d’autres ouvrages avant cela. Il est également, en collaboration avec Anne-Marie Casès, le traducteur de Mario Vargas Llosa (Prix Nobel de Littérature 2010).
FAILLE, d’Albert Bensoussan, ed. APOGÉE
LA CÉSURE de Matilda Tubau-Bensoussan, ed. APOGÉE


lundi 9 mai 2011

Mezek, quand Israël volait de ses propres ailes


Pour la première fois dans l'Histoire de la BD, la guerre d'Indépendance d'Israël est  abordée au travers de personnages hors du commun, sur fond de combats aériens. Le "Mezek", qui donne son titre à l'album (Editions Le Lombard, collection "Signé"), était la version tchécoslovaque du célèbre chasseur Messerschmitt 109, utilisé par la Luftwaffe pendant le second conflit mondial. A la carcasse de l'avion allemand avait été rajouté un moteur de bombardier tchèque, rendant l'appareil particulièrement lourd et dangereux à piloter, d'où son surnom de "mule" (mezek, en tchèque). 

Ce sont deux poids lourds de la BD franco-belge, le dessinateur André Juillard, qui a repris la série des "Blake et Mortimer" après le décès de son créateur Jacobs, et le scénariste Yann, co-auteur des albums "Pin Up" et du "Grand Duc", qui ont donné vie à ces pages méconnues de la guerre d'Indépendance de 1948. Une histoire basée sur des faits réels, presque déroutants, puisqu'outre celui de voir la jeune armée israélienne utiliser du matériel d'origine allemande pour sa survie,  on apprend que, par une incroyable ironie de l'Histoire, parmi les mercenaires venus combattre aux côtés des premiers aviateurs israéliens se trouvaient aussi d'ex-pilotes de l'armée de l'air allemande. 


Yann a pris pour héros un pilote mercenaire, Bjorn, qui cache un lourd secret à ses camarades de combat. On est loin, dans "Mezek", des histoires à la "Buck Danny", la guerre de 1948 étant traitée ici sous l'angle d'une intrigue psychologique autour d'un personnage complexe et ambigu, dont plusieurs femmes tombent amoureuses (le dessinateur André Juillard étant aussi remarquable dans son traitement des nus que dans ses croquis d'aviation !). 

Comme le souligne l'auteur, "il y a eu plus de morts au décollage et à l'atterrissage. Ca n'a rien à voir avec la Bataille d'Angleterre... Il n'y a pas eu de moments très glorieux !". S'appuyant sur la passionnante histoire du pilote anglais Gordon Levett, "Le Ciel t'aidera", Yann et son complice Juillard livrent une BD particulièrement originale, qui a le mérite d'aborder un sujet rare, traité avec finesse et une réelle objectivité historique.

Alain Granat

Visuels copyright André Juillard et Yann / Editions Le Lombard, collection Signé 


Les fans de BD ne manqueront pas le superbe carnet de croquis avec commentaires des auteurs + repères historiques en fin d'ouvrage, intitulé "Mezek, naissance d'une bande dessinée" (28, 40€ chez Amazon.fr)

Une interview des auteurs de "Mezek" sur Fr.3 :





jeudi 5 mai 2011

Hasidic, c'est chic !


Le trilby, ce chapeau aux bords étroits, connut son apogée au début des 60's, couvre-chef favori de Sinatra et porté par les musiciens de jazz et de soul music. Symbole d'une cool attitude, relancé ensuite dans les années 80 avec la vague du ska, il est l'un des accessoires trendy de l'été, tant côté mode homme que femme. Sera t-il détrôné par le Borsalino à large bords porté par les Loubavitch ? C'est la tendance qui pointe du côté de New-York, rapportée par le New York Times.

Les bobos de Brooklyn, épicentre de la branchitude new-yorkaise où se côtoient Hipsters et la plus importante communauté juive orthodoxe des USA (basée dans les quartiers de Williamsburg et de Crown Heights), semblent se convertir au port du chapeau favori des Hassid. La preuve en image, selon le NY Times, avec le rappeur Theophilus London, nouvelle égérie de la griffe de maroquinerie et de chaussures Cole Haan.

Si les "Hipsters" tels que Theophilus London, qui a déclaré au quotidien new-yorkais être tombé en arrêt devant la vitrine du mythique chapelier de Williamsburg "Bencraft Hatters", ont souvent été séduits par des accessoires issus d'univers très divers, et certains créateurs par le monde religieux, cela n'explique pas pour autant le retour en force du Borsalino à large bords dans les rues de New-York. 


Pour Maya Balakirsky Katz, auteur de “The Visual Culture of Chabad”, passionnant ouvrage sur l'esthétique hassidique, "Cette tendance est issue de l'impact de la série tv Mad Men. Dans les années 50, quand les Mad Men de l'époque portaient des Borsalinos, les étudiants des yeshivoth qui vivaient à Manhattan se disaient "Voilà la façon de s'approprier leur culture", et ce style est à nouveau à la mode". Que vous adoptiez le look hassid avec un modèle Puertofino (celui choisi par Theophilus London, 120$ chez Bencraft Hatters) ou restiez fidèles cet été au trilby, une chose est sûre, le chapeau est définitivement de retour, et fera tourner les têtes !

Alain Granat

Copyrights photos : Jewpop, Cole Haan, Mister Mort

Les fashionistas et amateurs de photos ne manqueront pas de consulter l'excellent blog  Mister Mort de Mordechai Rubinstein, ex-étudiant en yeshiva et photographe de street-art.

mardi 3 mai 2011

La Mer Morte mise à nue


Spencer Tunick, l’artiste mondialement connu pour rassembler des centaines de volontaires nus et les prendre en photo a lancé son dernier défi en date : plusieurs milliers d’Israéliens, nus, à la Mer Morte ! Jonathan-Simon Sellem, rédacteur en chef de JSS News, nous dit tout sur l'événement.

Cette opération est destinée, selon l’artiste, à « attirer l’attention sur la détérioration de la situation environnementale de la mer Morte ». Suite à la prise de photos, une exposition sera organisée et le photographe espère recueillir 50.000€ pour en faire don à des organisations non-gouvernementales qui œuvrent pour la protection de la Mer Morte.


La Mer Morte, endroit le plus bas de la planète, est mondialement connue pour ses pouvoirs thérapeutiques sur les problèmes de peau. Son sel et sa boue sont vendus dans le monde entier et permettent de soigner bien des maladies autrement incurables. Les minéraux de la Mer Morte sont toujours considérés comme étant les secrets de la beauté de Cléopâtre.

En 2008, l’artiste israélienne Sigalit Landau avait posée nue dans la Mer Morte en compagnie de… 500 pastèques !



Tunick a brisé les stéréotypes, les conventions et les tabous en Europe, Asie, Afrique, Australie et en Amérique au point où, depuis 1992, il a photographié plus de 100.000 personnes nues.
Jonathan-Simon Sellem – JSSNews

Le site de Spencer Tunick, sur lequel vous pouvez retrouver les photos de ses installations, et vous inscrire pour poser comme modèle.

Vous pouvez contribuer au projet en effectuant une donation sur le site Kickstarter.com
Fin de l'opération, le 6 juin : à ce jour, plus de 12 000$ ont déjà été réunis.

jeudi 28 avril 2011

oyPhone, le premier téléphone mobile casher !


Vous en rêviez, Accel Telecom l'a fait ! Le premier téléphone mobile casher, destiné aux Juifs ultra-orthodoxes d'Israël, est enfin sur le marché. Pas très smart, mais résolument conforme aux pratiques religieuses, ce modèle n'a ni fonction SMS, ni accès Internet et encore moins d'appareil photo, comme le rapporte le quotidien israélien Yediot Aharonot. L'appareil, un Alcatel T-701, a ainsi obtenu l'approbation des autorités rabbiniques, qui lui a décerné le label casher. Selon le PDG d'Accel Telecom, Marc Seleenfreund, "Il n'est pas simple de rendre les téléphones casher et de les amener à un niveau tel qu'ils ne puissent être modifiés pour envoyer des SMS ou surfer sur Internet".  Cerise sur le mobile, tout appel effectué depuis ce téléphone pendant Shabbat sera surfacturé au "prix exorbitant de 10 shekels (2 euros) la minute !" souligne-t-il.


Foin de ces menus détails sans importances, les Haredim se réjouiront d'innovations de taille, parmi lesquelles des sonneries de musiques hassidiques et, grande première mondiale, un menu en yiddish ! Accel Telecom n'a toutefois pas été jusqu'à baptiser son mobile le oyPhone.

Alain Granat

mercredi 27 avril 2011

Le Cortège du Tchoulent : un cabaret yiddish qui a du goût !

Les jeunes artistes qui renouvellent l'univers de la yiddishkeit (culture yiddish) avec talent sont rares. Miléna Kartowski, chanteuse et comédienne, a vu son formidable spectacle "Le Cortège du Tchoulent" élu "Coup de coeur" de la Fnac. Un label amplement mérité pour cette création qui mêle théâtre et musique dans la grande tradition du cabaret yiddish. Un cabaret festif, émouvant et plein d'humour, où Miléna Kartowski se réapproprie sa culture dans un show totalement moderne, loin de ce qu'elle qualifie - à juste titre - des "poncifs sclérosés, des images éculées et des interprétations cristallisées dans la douleur d'un passé tragique".

Le Tchoulent, ce ragoût de Shabbat roboratif et longuement mijoté, emblématique de la cuisine ashkénaze et célébré par Heine, l'est aussi d'une culture yiddish dont la transmission passe autant par l'apprentissage de la langue que par celle des traditions culinaires, passées de mère en fille. Puisant son inspiration dans ses souvenirs d'enfance, la chanteuse fait le lien entre ce goût (Tam en yiddish) porteur de toute une identité, qu'elle qualifie joliment de "madeleine de Proust d'un monde englouti", et de "peinture d'un monde d'avenir, celui du yiddish de demain, mon yiddish". 

Le Tchoulent de Miléna Kartowski, produit avec la collaboration artistique de Yael Tama, a une très belle saveur, celle de la fête d'un passé qui se conjugue au présent, avec une  énergie folle, qui donne envie de danser. Pour reprendre les mots d'Albert Memmi dans son recueil de pensées intitulé "Bonheurs" (Arléa / Le Seuil), "Le fameux Nahman de Bratslav ne dit-il pas que, à l'instar de la Torah, tout danse dans l'univers ?". Celui du "Cortège du Tchoulent" est empli de joie, porté par une artiste à la voix superbe, entourée de trois excellents musiciens (Nicolas Arnault au piano, François Collombon aux percussions, Samuel Maquin à la clarinette) qui mitonnent comme des chefs la musique klezmer avec des pincées de jazz, de reggae, de slam.


Si vous n'avez jamais goûté au Tchoulent (et tout particulièrement à son ingrédient le plus léger et diététique, le kishke - intestin de boeuf ou cou d'oie farci selon les recettes - dont la dégustation reste le test ultime d'adhésion à la yiddishkeit !), vous vous délecterez de celui concocté par Miléna Kartowski.

Alain Granat

Les Jeudis 28 avril et 12 mai a 20h30
Les Dimanches 1, 8, 22 et 29 mai a 18h

Au Kiron Espace
10 rue de la Vacquerie
75010 Paris
Réservations: 01 44 64 11 50 /
ou sur Fnac.com (22€)

Le teaser du spectacle 



lundi 18 avril 2011

Pessah pour les chiens


Jewpop vous souhaite de très belles fêtes de Pessah ! Après avoir longuement cherché, la palme de la video la plus débile de Pessah revient sans conteste à ce Seder pour chiens, organisé par une marque de nourriture pour animaux. Comble du mauvais goût, ce clip nous vient évidemment des USA. Hag sameah !

mercredi 13 avril 2011

Un Seder presque parfait !

Vous voulez intéresser vos enfants et/ou petits-enfants, impressionner votre copain/copine ou vos futurs beaux-parents, ou tout simplement vous faire plaisir ? Cette année vous allez diriger la lecture de la Hagada ( même si vous ne lisez pas l'hébreu ! ) et commenter la sortie d'Égypte !


Vous serez comme Na'hchone ben Aminadave, de la tribu de Binyamine, celui qui sauta dans la mer le premier et entraîna le peuple à franchir la mer des joncs (selon Rabbi Yehoudah, certains affirment sans vergogne qu'il aurait été entraîné par le rav P. Lucas). Pour cela achetez (ou empruntez) une Hagada, lisez-la et étudiez sa traduction, les commentaires et explications.

Au menu (en plus des matsote, karpass et marore et des 4 coupes de vin rouge) :

- LA COMPLÈTE : "La Hagada de Pâque , le rituel commenté" par le rabbin Joseph ELIAS (Éditions Colbo, traduction française par le rabbin Jean-Jacques GUGENHEIM, "The ArtScroll Mesorah Series", 1993). 244 pages dont les 11 dernières sont un "additif : variantes sepharades de la Hagada". Rigoureuse par sa traduction et la richesse de ses commentaires et explications, elle ne gênera pas par ses dimensions votre voisin(e). Elle peut paraître sèche comme la matsa mais ses propriétés gustatives en font toujours la Hagada la plus riche !

Commander sur le site de la Librairie du temple (28,50 € ; 23x13,5x2 cm ;  530 gr.)

- L'ILLUSTRÉE : LA HAGADA KATZ, au nom de Rav Eliezer KATZ , toujours traduite par le rabbin Jean-Jacques GUGENHEIM (Édition 'Hinoukh). Superbement illustrée, les pages 112 à 123 sont riches de références et explications ; les pages 124-127, rédigées par Rabbi Morde'haï NEUGROSCHEL, s'intitulent " La sortie d'Égypte : fait ou mythe ? " dont il faut aussi lire et méditer l'introduction pages 9 à 11 sur le seder au camp de concentration de Bergen Belsen en 1945, juste avant la Libération. Votre voisin(e) risque de se coller à vous pour en dévorer les pages...

A priori indisponible sur les sites de la Librairie du progres ou de la Librairie du temple, vous pouvez la commander sur Priceminister.com (31,00 € ; 27x23x1,8 cm ;  848 gr.)


Et pour faire preuve d'érudition : dans sa version originale en hébreu, en 2 volumes, "GVOUROT HACHEM" du Maharal de Prague (Éditions Oz vehadar / Israël)  et en français aux ( extraordinaires, par leur choix et leur richesse éditoriale ) Éditions du Cerf / 1994 : "Les hauts faits de l'Éternel" de Rabbi Yehoudah Leïb  (ou Loew) ben Betsalel, dit le Maharal (Moreinou harav Loew). Plus long à digérer à quelques jours de Pessa'h qu'un kilo de matsot mais quel régal ! Hélas difficile à trouver... Mais le plaisir est aussi de chercher ! Il vous faudra savoir placer les anecdotes et explications sans avoir la bouche pleine et quand vos hôtes seront disponibles, c'est-à-dire durant la lecture puis pendant le repas.

Enfin, n'hésitez pas à lire les seize textes et études rassemblés dans  "Sortir d'Égypte" sous la direction de Shmouel TRIGANO (Editions IN PRESS / PARDÈS N° 46, sept. 2009). Léger en apparence mais lourd de sens : PARDÈS pour les habitués !

Disponible chez amazon.fr (21,85€ ;  210 pages ; 16x24x1,2 cm.)

 Et pour faire tenir les enfants jusqu'à la fin du seder, une devinette à ne dévoiler qu'après le Birkat hamazone ou 'had gadyah :
 - Par quelle compagnie aérienne les enfants d'Israël sont-ils sortis d'Égypte ?
 - Par Air Bamère ...

Bébert le Livreur

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