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mardi 15 mars 2011

Souvenirs impudiques dans une ancienne synagogue


Souvenirs impudiques dans une ancienne synagogue est le titre de l'exposition de l'artiste belge Serge Goldwicht, qui sera présentée le 25 mars dans un lieu particulièrement étonnant. L'ancienne synagogue bruxelloise dont il est question ici portait le nom de Ahavat Reïm, et est aujourd'hui l'atelier du plasticien Jean-François Jans. Les oeuvres présentées reprennent un thème cher au peintre, le judaïsme et plus particulièrement la Thora, Goldwicht se jouant des lettres sacrées au travers de thèmes érotiques. Une démarche que l'artiste, dont plusieurs oeuvres ont été acquises par le Musée Juif de Belgique, dévoile pour jewpop.

La série d'oeuvres, datant de 2000 et intitulées "Kunst macht frei" suit celle des représentations de la Thora réalisées par l'artiste, qui lui vaudront le "Prix de la jeune peinture belge " en 1980. "Kunst macht frei" est, nous a déclaré Goldwicht, le "début d'une grande catharsis personnelle". Le peintre raconte que, né en 1954, il n'a pas connu la guerre, mais qu'il l'a vécue  "A travers les histoires de ses parents", qui lui ont transmis une "chose curieuse". "Quand ils parlaient yiddish entre eux et que quelqu'un de non-juif approchait" explique-t-il, "ils faisaient... Chut ! Cela, mêlé au magasin de vêtements et à la cuisine de ma mère, m'a construit une certaine vision du judaïsme". Goldwicht précisant que "Quelques années plus tard, rencontrant des auteurs comme Edmond Jabès et le vocable "Jouif"", il comprit qu'"une autre voie existait, qu'à la libération des camps devait succéder une libération mentale".


L'exposition actuelle est la "suite de l'élaboration d'une fiction" que l'artiste a débuté en 1977, et dont le Musée Juif de Belgique conserve des traces dessinées, comme "Graffitis obscènes découverts dans le ghetto". Dans un article écrit par Camille Meyer, à paraître en avril dans la revue du Musée Juif de Belgique, la démarche de Goldwicht, "archéologue des signes et du présent", "chercheur de ses origines juives", est ainsi décrite : "Il ne cesse finalement d'interroger sa judéité, sa belgitude et son autobiographie en constituant un catalogue d'objets et de signes clamant la difficulté de vivre dans le non-lieu conjugué de la belgitude et du judaïsme. Il décrit son oeuvre de quasi kabbalistique contemporaine, d'approche originale, où l'art et la philosophie se mêlent dans l'évidence... Après avoir exploré pendant quinze ans la Thora et l'écriture, et après avoir plongé dans sa belgitude, il nous revient dans une interrogation judaïque, entre Mel Brooks et Roland Topor (S.G.)."


Goldwicht explique encore que "Nous ne sommes pas loin de la mystique, là où D'yeux (Jabès) et le désir (Freud) se rejoignent. Entre auto-dérision et absolue liberté d'expression, ses oeuvres, particulièrement marquantes, font finalement écho à l'un des plus beaux textes érotiques qui soit, le Cantique des Cantiques. L'artiste concluant à propos des toiles et dessins présentés dans cette exposition radicalement jouissive : "Finalement c'est la vie. Lechaïm !"

Alain Granat

L'exposition "Souvenirs impudiques dans une ancienne synagogue", qui se tient dans l'ancienne synagogue Ahavat Reïm, rue Dethy, 73b, à Bruxelles,  accueillera également le photographe  Christian Carez et le cinéaste Boris Lehman, tous deux invités à prolonger la démarche.

Vernissage : vendredi 25 mars 2011 de 18h à 22h

L'exposition est accessible les samedi 26 et dimanche 27 mars ainsi que les samedi 2 et dimanche 3 avril, de 14h à 18h.



lundi 3 mai 2010

Lisette Model, Esther Shalev-Gerz : 2 expos choc au musée du jeu de Paume

Lisette Model (1901-1983) a souvent été assimilée à l'école de la Street Photography, qui se développa dans le New York des années 40 avec les clichés réalisés par Weegee, Helen Levitt, Roy de Carava... Un style documentaire, pris sur l'instant et photographié "avec les tripes", comme l'expliquait Lisette Model, qui enseigna par la suite à des générations de photographes.

Née en Autriche dans une famille de la grande bourgeoisie juive,  Lisette Stern s'installe à Paris dans les années 30 tandis que sa mère, d'origine française, rejoint Nice. C'est là que la jeune photographe, qui se destinait d'abord à une carrière musicale (formée par le compositeur Arnold Schönberg), réalise en 1934 sa première et célèbre série, la "Promenade des Anglais", portraits acides des bourgeois oisifs de la Riviera. Elle rencontre à la même époque le peintre russe Evsa Model, qu'elle épouse en 1937. Un an plus tard, Lisette et Evsa quittent l'Europe et ses persécutions antisémites pour New York.


De ses photos des habitants misérables du Lower East Side à celles du public enveloppé de fourrures grotesques de l'Opéra de San Francisco, en passant par ses séries très graphiques comme "Running Legs" (où elle capte les pieds de passants pressés dans les rues de New York) et les étonnantes "Reflections"(visant de son objectif des vitrines de boutiques reflètant les passants et l'architecture des gratte-ciels), rejaillit une force immédiate.

Lisette Model reste une photographe de l'instinct, dotée d'un regard et d'un sens de l'humain hors du commun. En témoignent les superbes tirages exposés au Jeu de Paume, qu'ils soient pris dans des night-clubs ou dans la rue, lors de concerts de jazz, dans des soirées huppées ou dans des bars minables. Si l'on regrettera une scénographie trop conventionnelle, cette exposition reste incontournable pour tous les amateurs de photographie.



Et lors de votre visite au musée du Jeu de Paume, ne manquez-pas les installations consacrées à Esther Shalev-Gerz, artiste née à Vilnius, qui a grandi en Israël et vit à Paris depuis 1984. Ses créations,  entre vidéos, photographies et sculptures, intimement liées à un dialogue actif entre l'histoire, les gens et leur vécu, sont une source intense de réflexion. On peut notamment, au long du parcours dédié à cette artiste, découvrir une remarquable installation consacrée aux objets trouvés sur le terrain du camp de Buchenwald, objets dont l'histoire est racontée au travers des regards et récits d'archéologues, restaurateurs, photographes et historiens. Ces oeuvres, tant artistiques que politiques, impliquent profondément le spectateur.


Jusqu'au 6 juin 2010, Musée du Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, 75008 Paris (fermeture le lundi), renseignements : 01 47 03 12 50 (entrée 7€, 5€ tarif réduit)

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