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jeudi 2 juin 2011

La farce cachée des Schtroumpfs


Le saviez-vous ? Les Schtroumpfs ne seraient que des petits fachos, machos et antisémites. Cette thèse délirante, développée par Antoine Buéno dans son "Petit livre bleu" (Hors Collection) paru le 1er juin, provoque un intense débat et un joli buzz pour ce livre, qui défend "sérieusement mais sans se prendre au sérieux", selon son auteur, l'idée d'un "archétype d'utopie totalitaire empreinte de stalinisme et de nazisme" !

Antoine Buéno, écrivain, chargé de mission au groupe centriste du Sénat, enseignant à Sciences Po et plume de Bayrou en 2007, s'en est expliqué sur le site Public Senat, affirmant notamment que le caractère antisémite du personnage de Gargamel est évident au vu de son "faciès qui rappelle les caricatures antisémites", et que « comme les capitalistes occidentaux dans la propagande communiste, Gargamel est mû par la cupidité, l'intérêt égoïste et aveugle. Il a tout du Juif tel que la propagande stalinienne le représente. Son chat s'appelle Azraël. D'Azraël à Israël, le chemin n'est pas long. »

Les réactions n'ont pas manqué sur le web, comme le souligne L'Express.fr avec des réflexions d'internautes qui trouvent, dans l'analyse de Buéno, une forme de délire obsessionnel, remarquant par exemple que  "le nez crochu du sorcier n'est ni juif ni goy, il est traditionnel chez les sorciers. Tout est obsessionnel dans ce genre d'analyse". Entre un grand Schtroumpf symbolisant le Führer / Petit père des peuples au pouvoir absolu, une Schtroumpfette bimbo blonde "bijou de stéréotypes féminins" selon l'auteur, ou encore des Schtroumpfs noirs qui évoqueraient "la manière dont pouvaient être perçus les Africains par les blancs du XIXe siècle.", le "Petit livre bleu" accumule les perles d'une analyse passée au "crible de la science politique", affirme Buéno.


Dans une interview au Nouvelobs.com, l'auteur enfonce le clou en affirmant que sa thèse n'est pas nouvelle, expliquant que "les Etats-Unis se sont méfiés des Schtroumpfs, prenant parfois la BD de Peyo pour une œuvre de propagande socialiste, au point de présenter le nom anglais des Schtroumpfs, Smurf, comme l’accronyme de "Small Men Under Red Forces". Avouons qu'Antoine Buéno, qui se dit surpris par l'ampleur de la polémique provoquée par son "brûlot", nous fait bien schtroumpfer !

Alain Granat


mardi 5 avril 2011

La passion antisémite habillée par ses idéologues, de Francis Kaplan


"Une idéologie antisémite n'est pas une erreur intellectuelle, due à l'ignorance, à l'étourderie ou à la bêtise; c'est une passion qu'on habille intellectuellement comme on peut, c'est à dire que non seulement elle est fausse, mais qu'elle n'est même pas plausible de la part de celui qui l'exprime, compte tenu de ce qu'il ne pouvait pas ne pas savoir et/ou de ce qu'il dit par ailleurs. Et cette non plausibilité, comme on le verra, est le fait de personnalités intellectuelles de premier plan, sinon de génies. La valeur intellectuelle ni le génie ne mettent pas à l'abri de la passion." C'est par ces mots que Francis Kaplan, auteur de "La passion antisémite habillée par ses idéologues" (Le Félin), clôt l'introduction de son livre, remarquable étude des idéologies visant à expliquer et justifier l'antisémitisme .

En 15 chapitres consacrés à ces "personnalités intellectuelles de premier plan" ou "génies" dont les écrits ont consacré l'idéologie antisémite, parmi lesquels Pascal, Spinoza, Kant, Hegel, Proudhon, Marx, Simone Weil... Et mettant à part les cas de Renan et Nietzsche, Francis Kaplan démontre brillamment, textes à l'appui, les contradictions inhérentes aux thèses développées par ces penseurs. Replaçant chacune dans son contexte historique, l'auteur met en évidence de façon magistrale l'absence de cohérence dans les discours et argumentations,  mettant en exergue l'aspect purement passionnel à l'origine de ces diverses manifestations d'idéologie antisémite, dont les causes sont fort diverses.


Du cynisme et de la malveillance d'un Wagner dans son célèbre Judaïsme dans la musique, à l'obsession schizophrénique d'une Simone Weil, découvrant adolescente sa judéité pour devenir ensuite la théoricienne acharnée d'un antisémitisme global et abstrait, en passant par la souffrance d' Otto Weininger (né juif et converti au protestantisme, comme le père de Marx) de vivre dans un monde pensé sans Dieu, qui le conduira au suicide, chaque thèse antisémite trouve ses fondements dans la passion. Lorsque Kant parle, dans L'Anthropologie, des Juifs comme d'"une nation de trompeurs... Une nation de marchands", il ne s'agit plus là de doctrine, encore moins de raison, mais de la mise en cause passionnelle d'individus. 


Et lorsque l'imaginaire prend le pas sur l'objectivité, cela conduit, comme le montre bien Francis Kaplan, aux contradictions les plus ahurissantes : pour Kant, les Juifs n'ont pas de morale, pour Nietzche, ils en ont trop... Selon Marx, ils sont contre-révolutionnaires, tandis que Maurras les qualifie de révolutionnaires, et considérés par Proudhon comme maîtres de l'univers, ils sont misérables et persécutés pour Pascal... Ainsi que le souligne l'auteur en évoquant Sartre, (au sujet duquel est consacré  le dernier chapitre, intitulé "Une paranoïa anti-antisémite : à propos de Sartre"), "L'antisémitisme, ce n'est pas une opinion, ou en tout cas, ce n'est que secondairement une opinion; c'est d'abord une passion et cette passion construit l'opinion par laquelle elle s'exprime". "La passion antisémite habillée par ses idéologues" fera sans nul doute référence sur le sujet.  Un livre... passionnant,  ancré dans l'Histoire et ouvertement contemporain dans son propos.

Alain Granat 

Francis Kaplan est professeur émérite de philosophie à l'université de Tours. Il a publié plusieurs ouvrages dont "Marx antisémite ?" (Imago/Berg International, 1990), "La Vérité et ses figures" (Aubier-Montaigne, 1977), "Des Singes et des hommes, la frontière du langage" (Fayard, 2001 ) et plus récemment aux Éditions du Félin : "L'Embryon est-il un être vivant ?" (2008), Entre Dieu et Darwin (2009). 




mercredi 20 octobre 2010

Google.fr : recherche "juif" désespérément.


Dans un article publié dans la rubrique "A la loupe" du Télérama de cette semaine, titré "Et François Hollande, il est juif ?", la journaliste Emmanuelle Anizon constate, avec effroi, que le mot "juif" est associé à la plupart des requêtes concernant les hommes politiques et journalistes-animateurs français sur Google.fr. 

En effet, en tapant par exemple les noms de David Pujadas ou de François Hollande sur le moteur de recherche le plus utilisé par les internautes français (90% des recherches sur le web en France), on peut voir parmi les "recherches associées", c'est à dire la liste de mots automatiquement sélectionnés par le moteur car recherchés le plus souvent par les internautes avec ces noms, le terme "juif".

La journaliste, après avoir testé ce phénomène inquiétant sur de nombreuses requêtes,  a contacté Google afin de comprendre s'il n'y avait pas une possibilité de "manipulation d'extrême droite" (ndlr : pourquoi d'ailleurs uniquement d'extrême droite ?), mais la réponse est sans appel : "Si ça remonte comme ça, c'est forcément une tendance lourde." Ce qui fait dire à Emmanuelle Anizon que "l'internaute français, quand il cherche des renseignements sur une personnalité politico-journalistique, veut prioritairement savoir si elle est juive. Glaçant." Jacques Attali lui répondrait sans doute qu'au contraire, c'est la manifestation évidente d'une poussée de philosémitisme des internautes français.


Emmanuelle Anizon précise ensuite qu'il s'agit d'un phénomène quasi-exclusivement local (hormis sur les filiales ukrainiennes et marocaines du moteur de recherche), ayant "testé au hasard les Google américain, japonais, italien, espagnol, allemand, russe, anglais, israélien". Si, dans ces pays, les internautes s'intéressent à la "santé" de Bill Clinton ou à la "taille" de Nicolas Sarkozy, en France, on se demande d'abord si ces derniers sont juifs...

La journaliste explique enfin que "Google est bien embêté, mais ne peut intervenir sur ses robots que s'il y a insulte raciale, appel à la haine ou pédo-criminalité", concluant, avec désabusement, qu'il ne sera pas possible d'agir sur cette "recherche secrètement tendancieuse révélant un vieux fond renouvelé d'antisémitisme collectif". Au fait, et Dominique Strauss-Kahn, il est juif ?





vendredi 4 juin 2010

Dieudonné : "La culture juive domine la scène française" !

Une nouvelle étonnante pour tous ceux qui ne l'auraient pas encore remarqué : "La culture juive domine la scène française" ! Cette annonce lapidaire, qui, pour son auteur, est loin d'être réjouissante, n'a pas été faite par Radio-Paris ou Je Suis Partout en 1941, mais par Dieudonné le 3 juin 2010, lors d'une conférence de presse relatée par le quotidien algérien Liberté, à l'occasion de la représentation à Alger de son dernier spectacle.

Cerise sur le gâteau, on apprend aussi que "Cette nouvelle culture française, bourgeoise et sioniste n’émet aucun message". Contrairement à celui de Dieudonné, de plus en plus en verve : "créer un front antisioniste dans les pays arabes contre la propagande israélo-américaine". Objectif relativement aisé à atteindre, un peu comme enfoncer une cuillière dans un bol de purée Mousseline.

Ces tournées en Algérie, en Syrie et au Liban, et son récent voyage en Iran, ont aussi pour but de réunir des financements pour deux projets cinématographiques, à côté desquels les films de Leni Riefenstahl ou encore Le Juif Süss devraient ressembler à une pâle mouture de "On se calme et on boit frais à Saint-Tropez". Outre un premier projet depuis longtemps déjà dans les cartons de Dieudonné, "Le Code Noir" (aucun rapport avec le Da Vinci Code, le "Code Noir" était un ensemble de textes régissant la vie des esclaves noirs dans les îles françaises), nous attendons avec impatience sa vision cinématographique de l'histoire de la colonisation et de la décolonisation algérienne, dont le titre est tout un programme : "Le Décret Crémieux".  

Et en cas de succès d'audience sur les écrans iraniens et syriens, gageons que notre Max Pecas antisém... euh, pardon, antisioniste, s'attaquera avec ardeur à d'autres sujets "à message". Jewpop a un paquet d'idées de scénarii à lui suggérer.

lundi 10 mai 2010

Le programme tv comique le plus populaire d'Israël taxé d'antisémitisme !

L'émission Pop Com (Canal+) a consacré hier un sujet au show tv Eretz Nehederet ("Un pays merveilleux"). Chaque vendredi soir depuis 7 ans,  plus de 2 millions d'israéliens se tordent de rire  devant le faux J.T. et les sketches satiriques de l'équipe de ce Saturday Night Live à l'israélienne, qui ferait passer les vannes d'un Stéphane Guillon pour des blagues Carambar.

Avec une liberté de ton sans bornes, les auteurs de l'émission tapent allègrement de tous côtés, tournant en dérision Tsahal comme le Hamas, se moquant de la classe politique israélienne tous partis confondus, avec un humour délibérément choquant et totalement assumé . 

A titre d'exemple, dans un sketch parodiant la vision par les médias internationaux du conflit à Gaza, un journaliste anglais interviewe un porte-parole obèse de Tsahal, qui déclare : "L'armée a parfaitement effectué sa mission". Le journaliste anglais traduit ensuite ses propos par : "Je suis très gros car je viens de manger 2 enfants palestiniens ce midi, c'est notre plat national ! Ma femme cuisine très bien le rôti de palestinien".


Gaza: Satirizing World Media - Watch more funny videos here

A la lumière des débats sur la liberté d'expression qui reviennent régulièrement sur le devant des scènes françaises et internationales, il est particulièrement intéressant d'observer comment la politique israélienne est vue "de l'intérieur" par ses meilleurs humoristes, et de constater que les téléspectateurs israéliens, de plus en plus nombreux, plébiscitent cette émission iconoclaste.


Mais comme dirait Thierry Ardisson, on ne peut pas plaire à tout le monde. C'est au mois de janvier qu'un sketch, mettant en scène un soldat kidnappé (référence explicite à Guilad Shalit) par... des colons ultra-orthodoxes, a créé le scandale. Les ravisseurs y présentaient des exigences absurdes, telles que voir un rabbin nommé gardien de but de l'équipe de foot nationale, tandis que les négociateurs de Tsahal mettaient un terme à leurs pourparlers pour aller pratiquer d'urgence une séance de yoga.

Ce sketch, ainsi que la bande-annonce promotionnelle du show, qui figurait les acteurs et auteurs nus et s'étalant de la peinture sur le corps, a déclenché les foudres du député Yaakov "Ketzeleh" Katz (du parti religieux Union Nationale). Ce dernier, vétéran de Tsahal, a déclenché un débat à la Knesset, brandissant l'anathème de l'antisémitisme et exigeant la censure de l'émission, en allant jusqu'à comparer les auteurs du show à des "juifs honteux" qui se comporteraient comme des nazis en ridiculisant leurs coreligionnaires. Et menaçant, dès lors que son parti serait un jour majoritaire dans le pays, de les traduire devant les tribunaux.

Eyal Kitzis, le présentateur-vedette de l'émission, et Tal Friedman, l'un des célèbres auteurs du show, récusent évidemment ces arguties, expliquant que les accuser de détestation d'Israël et de Tsahal était une "bonne blague".  Devant l'immense succès de l'émission, une 8ème saison a été reconduite, ce qui promet encore aux israéliens, malgré un contexte politique qui ne prête pas à rire, des soirées de Shabbat sous le signe salutaire de l'humour.

Et même les nombreux juifs français, qui n'hésitent pas à se rendre en Israël malgré les "risques" sécuritaires, en prennent aussi pour leur grade (nul besoin de comprendre l'hébreu pour apprécier ce sketch :-)



mercredi 21 avril 2010

Bruno Gaccio réagit aux nouvelles provocations antisémites de Dieudonné

"Peut-on tout dire ?" est le titre de l'ouvrage co-signé par Dieudonné et Bruno Gaccio (éditions Mordicus). Ce dernier  est la seule personnalité médiatique ayant accepté de figurer dans ce livre aux côtés du leader de la liste antisioniste aux dernières élections européennes, pour  y débattre de la liberté d'expression. Non sous forme de dialogue direct, chacun répondant séparément aux questions des journalistes  Robert Ménard et Philippe Gavi.

C'est après avoir suivi deux émissions télévisées, où les auteurs étaient invités pour la promo de leur livre (sur BFM  TV,  dans l'émission "Zéro Info" de Karl Zéro, l'animateur ayant été alors extrêmement complaisant à l'égard de Dieudonné, et sur FR3, dans le talk-show de Frédéric Taddéï "Ce soir ou jamais" , où un violent échange verbal opposa l'avocat Thierry Lévy au héraut de l'antisionisme en France), que nous avons été surpris par l'attitude de Dieudonné. Il semblait, au regard de ces deux émissions, vouloir se présenter sous une image plus lisse et policée, comme lassé de sa posture et de ses conséquences sur sa carrière.

Il convient aussi de préciser que lors de la confrontation entre Dieudonné et Thierry Lévy sur FR3, ce dernier lui a asséné les phrases suivantes : "Vous employez des mots que vous allez regretter dans un instant (suite à un échange où Dieudonné qualifiait l'argumentation de T. Lévy de "procédé assez malhonnête"). Vous vouliez la paix, on peut en sortir très facilement, vous savez. Il y a une série : il y a l'injure, et après l'injure il y a la loi, et après la loi il y a les coups, et vous le savez !". 

En visionnant la semaine dernière, après la diffusion de ces émissions, deux vidéos où s'exprime Dieudonné, l'une présentant une interview réalisée par le groupuscule radical islamiste et conspirationniste Sirât Alizza, et un pseudo-sketch intitulé "Libérez Fofana !" (vidéos postées sur  Dailymotion), Jewpop s'est interrogé sur la réelle stratégie de celui qui se définit comme un "kamikaze du rire" et sur la vraie nature de son discours, enfin assumé ouvertement. Discours qui ne peut désormais plus être qualifié d'antisioniste mais bien d'antisémite, usant de toutes les caractéristiques de la logorrhée du genre, dans le plus pur style d'un Rebatet.

Nous avons souhaité connaître le point de vue de l'ex-auteur des Guignols de l'Info sur ces récentes vidéos. Voici la réaction de Bruno Gaccio, qui a autorisé Jewpop à publier sa réponse in extenso :

" Oui, je connais cette vidéo. Je suis consterné par son insistance dans ce type de provocation.
Il a été choqué par la phrase de Lévy chez Taddéï qui faisait allusion aux coups.
Pour lui c'est un signe qu'envoie Lévy au Betar et autres extrêmistes pour lui casser la gueule. Du coup il réagit violemment avec ce sketch qui est aussi un signe qu'il envoie, lui, aux extrêmistes antisionistes et parfois antisémites qui l'entourent et le protègent. 
C'est consternant.
Apaiser le climat, pour moi, signifie rendre efficace la parole. Or lorsque seuls s'expriment les extrêmistes israéliens d'un coté et les obsédés du complot juif de l'autre, et bien, c'est comme s'il n'y avait pas de parole du tout.
Je suis consterné qu'il ait fait cette provoc. Il a le droit de le faire (nous verrons ce que dit la loi si quelqu'un porte plainte). C'est juste pas efficace. Voilà mon point de vue.
Vous avez le droit de le publier sur votre blog pour vos lecteurs.
"
BG

Deux plaintes avec constitution de partie civile ont été déposées depuis contre Dieudonné par le Mrap et Sos Racisme, aux motifs d'incitation à la haine raciale.

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